Le patron de Renault est toujours en détention dans les prisons japonaises. Depuis son arrestation le 19 novembre, sa garde a vue avait déjà été prolongée. Le juge a accepté les demandes du parquet de Tokyo. Carlos Ghosn est accusé d’avoir fraudé le fisc nippon. 

10 jours de plus. Voilà ce qui attend encore le président de Renault. Cette reconduction portera à 22 le nombre de jours en détention de l’homme d’affaire. Le maximum que peut autoriser la loi au Japon. 

Arrêté le 19 novembre, Carlos Ghosn est accusé d’avoir fraudé le fisc japonais. Comment ? En minimisant ses revenus. Ceux provenant de Nissan. La fraude est évaluée selon la justice japonaise à 7,7 millions d’euros. 

A quoi faut-il s’attendre après le 10 décembre ?

Trois issues sont possibles après la date butoir. Soit le PDG de Renault est libéré sans aucune charge contre lui. L’issue qui lui serait le plus favorable personnellement. Deuxième possibilité, des accusations nouvelles. Cette hypothèse remettrait alors les compteurs à zéro. Enfin, il pourrait aussi être inculpé. Dans ce cas, l’incarcération ou la libération sous caution sont envisageable pour l’accusé.

Depuis le début de l’instruction, Carlos Ghosn nie toute malversation et tout mauvais agissement au Japon. Cette défense pourrait justement se retourner contre lui. La justice japonaise pourrait ouvrir une nouvelle investigation concernant des années différentes. Tous les évènements depuis le 19 novembre dernier pourraient alors se répéter.

Les français se posent des questions

Depuis le début de l’affaire, le gouvernement a peu réagi sur le fond du dossier. Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, s’est davantage occupé de la pérennité du groupe automobile français. La nomination d’un directeur par intérim — Thierry Bolloré, ancien bras droit de Carlos Ghosn — est justement l’illustration de l’action du gouvernement. 

 

Avec le G20 qui approche, certaines tensions commencent à naître. Renault demande à Nissan la communication du dossier transmis à la justice japonaise. Pour l’instant, en vain. La justice japonaise a aussi été pressée d’indiquer les motifs de l’action judiciaire au gouvernement français. Demande formulée explicitement par Bruno Le Maire. Durant le G20, selon des proches du président, il est prévu que le sujet soit abordé entre Emmanuel Macron et Shinzō Abe, premier ministre japonais.

Enfin, les conditions de l’arrestation du dirigeant français posent aujourd’hui question. Notamment par la présence d’une équipe de télévision qui a filmé la totalité de l’arrestation. Carlos Ghosn pensant alors avoir un rendez-vous avec le gouverneur de Tokyo.