La lettre est apparue hier sur les réseaux sociaux. Un magasin Monoprix, situé en centre-ville de Toulouse, empêcherait les personnes sans domiciles fixes d’entrer pour des raisons de sécurité. Nous sommes allés enquêter.

La missive fait doucement le tour des réseaux sociaux depuis ce week-end et ne manque pas d’interloquer certains Toulousains. Et pour cause. Le magasin Monoprix, situé à la rue Alsace Lorraine à Toulouse, aurait rédigé une note interne interdisant l’entrée des personnes sans domiciles fixes en son sein. Datée du 18 novembre 2017 et signée du directeur du magasin, la lettre intime l’ordre aux agents de sécurité de ne laisser les sans-abris rentrer sous aucun prétexte. Le motif ? Une « atteinte à l’ordre public sur la voirie suite à des plaintes des clients du magasin ».

 


L’entreprise Monoprix s’est totalement désolidarisée de cette note interne et n’hésite pas à la condamner : « C’est clairement de la discrimination », indique le service communication situé à Paris. Si le siège ne remet pas en cause un « climat d’insécurité certain » aux abords de ce site, la note interne, elle, ne passe pas car « ce genre de mesure n’a pas à être prise ». De plus, le siège de Monoprix – qui assure n’avoir mis été au courant ce week-end seulement par le biais des réseaux sociaux – aurait demandé, ce matin, au directeur du magasin de mettre fin immédiatement à la mesure. Aucune sanction n’aurait été prise à l’encontre du directeur en question.

La mairie de Toulouse impliquée

Si la lettre émane de la direction du magasin rue Alsace Lorraine, le directeur dit avoir pris cette décision « en accord avec l’adjoint au maire chargé de la sécurité pour la ville de Toulouse et le Chargé de Mission sécurité au cabinet du Maire. Pour la communication de Monoprix, les représentants de la Mairie ont « certainement dû inciter la direction du magasin à continuer de porter plainte » compte tenu de la situation délicate. Un conseil qui ne justifie en aucun cas la sortie d’une telle note, toujours selon le siège de Monoprix.

Alors cette mesure particulière s’inscrit-elle dans le cadre d’une politique anti SDF ? Contactée par nos soins à ce sujet, la mairie de Toulouse n’a pas donné suite à nos sollicitations.