Depuis plusieurs semaines vous avez dû voir dans Toulouse de nombreuses navettes sans conducteur, ce sont les véhicules autonomes. L’université Paul Sabatier va bientôt mettre en service ce type de véhicule sur son site. Mais que pensent les membres de l’université présents au quotidien de cette initiative ?

« C’est vrai ? Des véhicules autonomes vont être mis en place à l’université ? ». Mathieu, étudiant en deuxième année de STAPS ne cache pas sa joie. Inventif, il avait déjà cette idée de navette dans un coin de sa tête avec un camarade de classe : « je suis tellement feignant que j’avais pour idée de lancer ce projet » plaisante Mathieu, qui doit faire 30 minutes à pied, le mercredi matin, pour rejoindre la piscine de l’ISAE.


Pour l’instant, le véhicule autonome n’est pas mis en place sur le campus, mais cela devrait être instauré d’ici la fin de l’année. Ce véhicule intelligent servira aux étudiants, mais aussi aux professeurs pour se déplacer plus rapidement sur le site. Un site d’une superficie de 150 hectares et de plus de 300 000 mètres carré de surfaces bâties. Pour Zeineb et Cynthia, étudiantes en première année de PACES, même si cette navette ne leur servira pas, car leur salle est à côté de leurs appartements « c’est une initiative intéressante, surtout pour ceux qui doivent marcher des Maraîchers à Rangueil par exemple ».

Aire de stationnement de l’université Paul Sabatier. Crédit photo : RS.

 

Une sédentarité en question

Si pour certains cette navette à un côté pratique par sa rapidité de déplacement et son autonomie. D’autres voient la sédentarité s’accentuer avec ce type de transport. C’est le cas de David, professeur de français à l’université de Lyon, visiblement perdu devant l’immensité du site de Paul Sabatier, où il est en formation pour trois jours. « Vu la grandeur de cette université, la mise en place de véhicule autonome est un bon système. Mais il faut marcher pour rester en forme ». Une phrase qui peut paraître anodine, mais qui n’est pas uniquement utilisée par les professeurs.

Maxime, un sac chargé dans chaque bras, peine à s’en sortir pour rentrer dans son tripode. Pourtant, après avoir fait plus de 100 kilomètres de route pour rentrer de week-end, les navettes ne l’intéressent pas. « Je suis étudiant en licence professionnelle métier de la forme et je ne conçois pas que ce type de transport se mette en place ici. Les jeunes sont de plus en plus sédentarisés et doivent faire des activités physiques régulièrement. Par contre je trouve que ce type de véhicule pourrait être une bonne idée pour les personnes handicapées ». Théo, en troisième année de STAPS, en route pour son cours du matin à l’UFR, partage lui aussi le même avis : « le fait de marcher entre les cours permet de décompresser et de faire du sport, mais aussi de lutter contre la sédentarité, de plus en plus présente dans notre société. Je ne vois qu’un seul point positif, celui de ne plus avoir de retard grâce à cette navette ».