Infirmiers et aides-soignants ne décolèrent pas. Ce lundi matin, ils étaient une soixantaine devant le portail principal de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, à Saint-Cyprien. S’ils n’ont pas exercé de blocage physique, les usagers et le personnel de l’Hôtel-Dieu ont été déviés vers une autre entrée. 

Le rapport de force entre syndicats et la direction de l’hôpital est toujours en cours. D’un côté on parle de manque d’effectif et de l’autre « d’ajustement d’effectifs ».

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C’est néanmoins dans une ambiance festive que la soixantaine de personnes s’est regroupée devant le portail principal. Musique, fumigènes, vuvuzelas et cornes de brume ont animé ce rassemblement.

« On vit une véritable crise sanitaire », s’exclame Julien Terrié, secrétaire local CGT du CHU de Toulouse. « L’hôpital a mis en place une procédure dégradée, c’est-à-dire que les arrêts maladie ne sont plus remplacés. Le pool de remplacement qui a été mis en place n’a amené aucun recrutement, ce sont les effectifs déjà présents qui l’alimentent », explique-t-il.

« Pas de revendication salariale »

« Nous ne pouvons même plus prendre trois semaines de congés l’été, nous terminons l’année 2017 avec 15 jours de travail supplémentaires », s’exclament de concert Martine, Delphine et Valérie, toute trois aides-soignantes au pôle I3LM. Rajoutant : « On n’a aucune revendication salariale, ce qui pose problème c’est d’avoir une surcharge de travail. L’hôpital compte sur notre conscience professionnelle, mais il est de plus en plus dur d’assumer les soins aux malades, les patients sont en danger ».

Nous vous le disions précédemment, cette organisation a été adoptée au début de l’année 2018. D’après un communiqué de l’hôpital, aucune suppression de poste n’est envisagée. Mais pour Julien Terrié « Toulouse s’agrandit, l’hôpital rétrécit » : « On vient avec la boule au ventre par peur de faire une erreur médicale », déplore-t-il.

Une étude qui confirme l’importance des conditions de travail du personnel soignant. D’après Science et Avenir qui reprend une étude publié dans la prestigieuse revue médicale britannique « The Lancet », « À chaque patient supplémentaire par infirmier correspond une hausse de 7% du risque de mort pour le patient. Et, chaque augmentation de 10% de la proportion d’infirmière qualifiée niveau licence se traduit par une baisse de 7% de la mortalité » sur une base où l’infirmière s’occupe de 7 patients.

Contactée pour plus de précisions, la direction de l’hôpital n’a pas souhaité répondre.