Un mois après le drame de Millas qui a fait six morts et plusieurs dizaines de blessés, un nouveau témoignage vient épaissir le brouillard qui entoure l’affaire.

Tombée ce matin, l’une des élèves présente dans le bus délivre de nouveaux détails, incriminant la chauffeuse du bus. Placée au tout premier rang, à côté de la conductrice.

« J’ai vu que la barrière était fermée. Le bus l’a poussée. Elle s’est cassée. Le bus a continué à rouler doucement. Le train rouge est arrivé à ce moment. Ensuite, je ne me souviens plus de rien » déclare la jeune collégienne de 13 ans.

La conductrice n’étant sous l’emprise d’aucune substance, ni soumise à la fatigue, les raisons de cette accident reste encore mystérieuses, et seront dévoilées dans les mois à venir, à l’issue du procès.

Retour sur les faits

Le 14 décembre dernier aurait dû être une journée comme les autres pour les élèves du collège de Millas, en Pyrénées Orientales. Chaque jour, les jeunes de la sixième à la troisième prennent le bus scolaire, conduit ce jour par Nadine, 48 ans, une chauffeuse expérimentée qui sillonnait les routes depuis avril dernier.

Son tracé passe par le passage à niveau n°25, signalisé par des barrières de sécurité ainsi que des panneaux clignotants.

À l’approche du passage à niveau il est 16h09 et le bus roule à seulement 12 km/h. Au moment où celui-ci se retrouve en plein milieu des rails, un TER apparait, lancé à pleine vitesse. Le choc est d’une violence inouïe, et le bus se voit littéralement découpé deux, laissant de part et d’autre de la voie, une carcasse éventrée. Le drame fera six morts et une dizaine de blessés, sur les 23 occupants du bus.

Dans cette affaire, deux camps s’affrontent, celui de la conductrice qui soutient que les barrières étaient levées, et celui de la SNCF qui soutiennent l’inverse.

Jusqu’ici un grand nombre de témoignages ont été recensés, de la part d’automobilistes, enfants… Mais le doute plane toujours.

Le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, en charge de l’affaire privilégie l’hypothèse de la barrière fermée.

« Je vérifie qu’il n’y a pas de feu clignotant. Les barrières sont normalement levées et il n’y a pas de voiture, aurait-elle expliqué lors de ses différentes auditions, indique L’Indépendant. Je tourne. J’engage la première (…) Après ça, il n’y a plus rien, plus de souvenir. Jusqu’à ce que je me réveille par terre. Après, je ne savais pas où j’étais, je ne comprenais pas. »