Ils perpétuent une tradition familiale

Par obligation ou par tradition, la passion pour la terre leur vient de la famille. Autant de raisons différentes mais qui se rejoignent. Ces trois agriculteurs baignent dans le monde agricole depuis leur plus jeune âge. Jamais ils n’ont pensé à faire quelque chose de différent. 

Nicolas Lemoine

C’est sur la commune de Saint-Thomas que Nicolas exerce son métier de céréalier. Bercé par l’agriculture depuis son plus jeune âge, il prend la suite de son oncle à seulement 19 ans. Plus qu’un travail, il parle d’un véritable patrimoine familial.

Myriam Aray

Malgré le désaccord de ses parents, eux-mêmes agriculteurs, Myriam lance sa propre exploitation en 2009. A quelques pas de Saint-Gaudens, elle y élève ses chèvres et ses brebis, aux côtés de son mari.

Mathias Chevillon

Très impliqué dans le milieu associatif et syndicaliste, Mathias défend une agriculture respectueuse de la nature. En 2010, il reprend la ferme de ses parents dans les Pyrénées, pour y élever son troupeau de brebis.

« Il faut être né dedans, c’est un patrimoine familial »
Nicolas Lemoine

Nicolas Lemoine, agriculteur céréalier, passioné depuis son plus jeune âge. Crédit: Emmanuel Clevenot.

Dans l’histoire, l’agriculture était une affaire de famille. Si pour beaucoup la passion du monde agricole est la première motivation des jeunes agriculteurs d’aujourd’hui, la tradition familiale n’est pas en reste. Reprendre l’entreprise familiale est souvent la raison pour laquelle les jeunes agriculteurs s’engagent. Que cela soit un choix ou non, la transmission de cet héritage familial fait naître chez la plupart d’entres eux une âme de véritable passionné. Prendre la suite de  « l’exploitation de la famille » représente la reprise de l’histoire, du travail de toute une vie. Il est alors symboliquement important pour ces jeunes agriculteurs de faire perdurer cet héritage à travers les générations et les années..

C’est le cas de Nicolas Lemoine, jeune agriculteur de 31 ans pour qui le choix de devenir agriculteur à son tour sonne comme une évidence : « Mon père est agriculteur sur Nancy, mon frère est éleveur et cela fait maintenant 12 ans que j’ai pris la suite de mon oncle en tant qu’agriculteur céréalier » assure t-il. Un amour pour le métier tout naturellement transmis dès son plus jeune âge. « Les jeunes qui s’installent aujourd’hui c’est 90% de passion. Je pense qu’il faut être né la dedans, c’est aussi un patrimoine familiale que l’on souhaite conserver » ajoute t-il. En plus d’être passionné, Nicolas confirme que ce métier est un véritable héritage familial qu’il ne voulait pas laisser s’envoler. Malgré tout la peur de s’engager reste présente au vu de la situation souvent compliqué pour les jeunes agriculteurs : « J’avais vachement peur, on me disait que l’agriculture n’avait pas d’avenir » affirme t-il. L’amour du métier ajouté à une véritable tradition familiale prend visiblement toujours le dessus. 

Une brebis et son agneau chez Myriam Aray.

Ce n’est pas Myriam Aray qui dira le contraire. Cette jeune éleveuse de 32 ans, marche aujourd’hui dans les pas de son père : « L’élevage c’était dans la famille depuis plusieurs générations. De toute façon c’est un métier qu’il faut aimer pour le faire. Ce qui ne sont pas du monde agricole et qui se lancent sont vraiment courageux ». C’est avec l’aide de sa famille, son mari et certains de ses amies que Myriam mène à bien son exploitation. Face aux difficultés le soutien de sa famille reste primordial: « Il y a des moments durs parfois, mes parents m’ont soutenus, ils sont là pour moi, heureusement ! » assure t-elle.

Un métier difficile qui demande beaucoup de rigueur, et de temps. Les animaux n’attendent pas, vivre au rythme des bêtes est parfois compliqué :  » Il faut beaucoup de motivation et du mentale pour faire ce métier car c’est une pression au quotidien «  ajoute t-elle. Née dans le domaine agricole, elle est consciente de la difficulté du métier, et c’est sans aucun doute pour cette raison que Myriam n’a pas eu peur de s’engager, guidé par l’amour du métier, transmis de générations en génération. Au fil des années, elle agrandit son exploitation, aujourd’hui c’est près de 80 hectares qu’elle gère avec son mari.  

Saint Gaudens, le 5 novembre dernier, sur l’exploitation de Myriam Aray. Crédit: Owen Huchon.

Isolé dans les montagnes ariégeoises, dans le petit hameau d’Esbintz, Mathias Chevillon suit les traces de ses parents, Francis et Gila. Depuis 2010, il a repris la ferme familiale pour y exercer le métier d’éleveur de brebis, comme son père avant lui. Il se souvient : « C’est ici que j’ai passé toute mon enfance. Petit, je voyais mes parents travailler dur… Alors naturellement, je me suis mis à les aider ». Au fil des années, Mathias tombe sous le charme de ce métier et intègre finalement un lycée agricole.  Désireux d’étudier davantage, il poursuit sa formation en Corrèze, avec un BTS de gestion et protection de la nature, et en Savoie, lors d’une licence professionnelle de valorisation des produits et espaces de montagne, surnommée la « Tartiflette Mondeuse ».

En 2006, vient l’heure de retourner sur ses terres natales. L’occasion pour son père de lui transmettre son savoir, avant de lui confier la relève quatre ans plus tard. Aujourd’hui, Mathias vit à la ferme avec sa compagne, Adeline. Potager, verger et gîte d’étape sont venus diversifier l’activité d’élevage lancée en 1973 par Francis et Gila, qui ne sont jamais bien loin : « Ils habitent juste ici, explique Mathias le doigt pointé en direction d’une des maisons du hameau faites de pierres et d’ardoises ».

Une histoire de famille donc, qui traversera peut-être encore de nombreuses générations…

Ils ont choisi d’agir pour la nature

Ils ont fait le choix de quitter la ville

Ils veulent apporter de nouvelles idées

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