LOGISTIQUE DES SITES – WEBDOC PROSTITUTION

LOGISTIQUE DES SITES

UTILISATION, ORGANISATION ET POSSIBILITÉS

Ici, vous allez découvrir à travers trois témoignages, les sites utilisés pour la prostitution, leurs différences, les tactiques utilisées pour attirer le maximum de clients et enfin les problèmes qu’ils peuvent poser. 

Partez à la rencontre de Aydeen, escort de 21 ans, Catalya prostituée de 20 ans, et enfin June Charlot, médiateur en santé de l’association Grisélidis. Des témoignages poignants qui permettent une diversité de parcours, de vies et de buts.

* Les prénoms ont été modifiés.

Aydeen

Escort

« Je suis inscrit sur plusieurs plateformes différentes, mais mon visage est visible et accessible pour chacune de mes annonces car c’est grâce à ça que j’attire la clientèle. Les clients ne perdent pas de temps à demander des photos supplémentaires. Ils veulent voir à qui ils ont affaire. »

« Je propose mes services sur deux sites d’escorting : Wannonce, sur lequel je ne peux pas vraiment dire que je suis escorte sinon je peux rapidement être restreint par les utilisateurs. Du coup, je fais passer ça pour des services discrets comme des massages. Lors de l’inscription, je me suis mis dans une des catégories du type : rencontre éphémère, stable ou amicale. Sur ce site, les gens savent ce qu’ils veulent à l’avance, on n’a pas besoin de beaucoup parler. » 

« HUNGS, par contre est une plateforme destinée aux hommes pour les hommes. Ce site est un peu plus élaboré et permet aux escortes de payer un pack afin d’être référencé en tête de liste et d’apparaître parmi les premiers dans les recherches. Il permet aussi de laisser des commentaires sur un « livre d’or » après les rapports, ce qui permet à mes clients d’être informés de mes différentes prestations. Les personnes qui vont regarder mon profil se servent de ces notes pour savoir ce que je fais. Ils pourront alors voir ce que je fais le mieux ou de moins bien, selon eux. »

« Puis j’ai deux autres comptes complètement différents qui sont : « Onlyfans » et « TopForFan ». Les deux me permettent de poster des photos exclusives sur leur plateformes et les clients doivent suivre un processus d’abonnement mensuel sur lequel ils payent 9,99 € minimum pour accéder à mon profil. Ces plateformes me prélèvent donc un pourcentage sur mes revenus et je me fais payer grâce à ces abonnements. »

À l’image d’Aydeen, plusieurs travailleurs/travailleuses du sexe gèrent leurs profils en faisant attention au moindre détail pour attirer le plus de clientèle possible.
Pour d’autres, c’est une partie moins préoccupante, ils/elles préfèrent gérer les demandes reçues en prenant le soin de sélectionner chaque client.
C’est le cas de Catalya. Rencontre.

Catalya

Travailleuse du sexe

 

« Je n’utilise que le site Wannonce pour me prostituer. Mon annonce, je ne l’ai pas créée, c’est une amie qui l’a fait pour moi. Je ne suis donc pas vraiment au courant de comment se passe l’inscription sur un site et ça me va comme ça. Le seul critère auquel je fais attention c’est qu’il n’y est pas de photo de ma tête sur le site, on ne sait jamais si quelqu’un de ma famille venait à tomber dessus. J’ai toujours un peu peur. » 

 

« Sur la plateforme, j’utilise un faux nom et sur mon annonce, je laisse un numéro de téléphone pour permettre à ma clientèle de me joindre. C’est un numéro prépayé, que je renouvelle tous les mois au bureau de tabac. Je suis encore novice dans la prostitution sur Internet mais je connais le site Vivastreet qui a été supprimé. Après j’en connais d’autres mais que je n’utilise pas, comme Sexe Model spécialisé dans les annonces sexuelles. »

 

> Ci-dessous le message d’avertissement avant une inscription sur le site SexeModel

Si Catalya, comme de nombreux/ses autres travailleuses/travailleurs du sexe préfèrent s’inscrire sur des sites d’annonces gratuites, il existe cependant d’autres plateformes qui sont payantes. Leur premier brut : celui de la prostitution, et ce, de façon implicite.

Un moyen qui se révèle plus simple pour les associations qui identifient avec plus de rapidité et de précision les différents profils des travailleuses/travailleurs du sexe.

June Charlot

Médiateur santé, Grisélidis

 « Dans l’idéal, une meilleure action passerait par une mise en relation directe entre travailleuses du sexe/clients et associations via les sites. »

« En fonction des sites, les standings sont différents. C’est-à-dire que Wannonce va être moins bien recensé que Sexe Model, qui se situe encore plus bas que Xenna, par exemple. La plupart du temps, on va y retrouver des personnes qui ont pu travailler dans la rue et qui proposent maintenant des prestations rapides avec des prix peu élevés. Sur Sexe Model on peut annoncer toutes ses prestations, ses tarifs, ses conditions, du genre « je fais sans capote » etc. Sur Wannonce, on ne peut pas faire ça. Plus elles mettent de conditions, plus elles peuvent faire le tri parmi les clients. » 

« Les espaces de travail sur Internet sont assez précaires puisque beaucoup ferment et reviennent à payer très cher pour les travailleur(ses.s) du sexe. Suite à la fermeture de Viva Street, Sexe Model a proposé des inscriptions payantes à hauteur de 80 €. Maintenant si elles veulent être en haut de la liste, c’est encore plus cher. En sachant que tout le monde travaille via Sexe Model, c’est une référence. Aujourd’hui, il y a plus de 300 personnes dessus. Si tu ne payes pas d’annonce premium, tu te retrouves forcément tout en bas de la liste. »

« Cela existe chez les Suisses, où les travailleuses du sexe peuvent avoir accès à des outils de prévention, une aide via les associations. On doit constamment faire évoluer notre action. Par exemple, Meetic ou Adopteunmec, ce genres de sites ne veulent pas de travailleuses du sexe sur leur plateforme, elles font donc des profils classiques. Pour nous, elles sont invisibles. Il est alors beaucoup plus difficile pour nous de les trouver, car on a du mal à les identifier clairement. » 

« Moins il y a de sites, plus les profils sont supprimés, plus les profils sont classiques. Au cours de la discussion, en toute discrétion, c’est là où elles vont proposer une prestation tarifée. » 

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