La ville de Pamiers en Ariège entre dans une campagne électorale d’une rare intensité. Pour la première fois, six listes sont officiellement en lice. C’est un record pour cette ville de 16 000 habitants. Une première depuis six ans.

Jamais la ville n’avait connu une telle fragmentation de l’offre politique. En 2020, cinq listes s’étaient affrontées au premier tour. La commune est confrontée à des enjeux contemporains forts : revitalisation du centre-ville, désertification médicale, sécurité, emploi et dynamisme social. Au cœur de cette campagne dense, la maire sortante Frédérique Thiennot se représente avec une nouvelle liste “En avant Pamiers !”. Élue en 2020, elle défend un bilan qu’elle juge solide, marqué par des projets de revitalisation du centre-ville, des investissements structurants et une volonté de moderniser l’image de la commune. Consciente des critiques, notamment sur la question de la santé et de l’accès aux soins, elle assume les difficultés tout en revendiquant l’action engagée. “Le travail n’est pas terminé. Beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à construire”, répète-t-elle régulièrement lors de ses prises de parole publiques, appelant à la continuité et à la stabilité.
Dans le sillage de la majorité municipale sortante, Alain Rochet mène la liste “S’engager pour Pamiers”. Ancien premier adjoint de Frédérique Thiennot et président de la CCPAP, il mise sur une approche qu’il veut pragmatique et ancrée dans le quotidien des Appaméens. Sa candidature, distincte mais issue du même socle institutionnel, illustre aussi les recompositions internes à la majorité sortante et la volonté de certains élus de porter leur propre vision pour la ville.
Jean-Philippe Sannac, l’alternative portée par l’entreprise locale
Face à eux, Jean-Philippe Sannac, entrepreneur local, conduit la liste “Union et Action pour Pamiers”. Il se pose en alternative claire, critiquant frontalement le bilan municipal. Sur les réseaux sociaux comme en réunion publique, il insiste sur ce qu’il considère comme un manque d’anticipation sur des dossiers majeurs, en particulier la santé. “Parler de solutions à quelques mois des élections, c’est facile. Ce que les Appaméens attendent, ce sont des actes”, martèle-t-il, dénonçant une gestion qu’il juge trop attentiste. Il axe son discours aussi sur la sécurité. Il prévoit d’augmenter l’effectif de la police et renforcer le dispositif urbain avec des caméras.
À droite de l’échiquier politique, Pascal Mascetti assume une ligne sans ambiguïté avec “Rassemblement des droites Pamiers”. Ancien militaire, il revendique une candidature d’ordre et de rigueur, axée sur la sécurité, la maîtrise des finances locales et la tranquillité publique. “Nous sommes les seuls à afficher clairement nos convictions”, affirme-t-il, estimant que la question de la sécurité n’a pas été traitée avec suffisamment de fermeté par les équipes successives. Sa liste entend séduire un électorat en quête d’autorité municipale et de clarté politique.
Sur un registre différent, Saunia Caumartin conduit la liste citoyenne “Pamiers Citoyenne”, héritière de l’opposition municipale de gauche. Elle porte une critique sociale et démocratique de la gestion actuelle, plaidant pour davantage de participation citoyenne et une attention renforcée aux services publics. “Nous avons perdu six ans”, affirme-t-elle régulièrement, pointant les retards accumulés selon elle sur la santé, le social et l’écoute des habitants. Sa candidature s’inscrit dans une volonté de rupture, mais aussi de reconstruction collective.
Pascal Augery, relancer le centre-ville par l’économie et l’aménagement
Pour Pascal Augery tête de liste de « Demain Pamiers », l’avenir de Pamiers passe avant tout par une relance de son centre-ville et par un développement économique structurant. Il propose de s’appuyer sur la création d’une société d’économie mixte afin de conduire un projet global de rénovation. Cette structure permettrait d’acquérir, rénover puis remettre sur le marché des logements et des commerces. L’objectif étant de redonner de l’attractivité au cœur historique de la ville et d’y recréer une véritable dynamique économique. Cette stratégie urbaine s’accompagnerait, selon lui, d’une action forte en faveur de l’activité économique. Pascal Augery souhaite positionner Pamiers comme un pôle de développement autour d’une filière Aérotech, en capitalisant sur les atouts industriels et géographiques du territoire. Il défend également l’implantation de centres de formation spécialisés et d’annexes d’écoles d’ingénieurs, afin de renforcer l’emploi local et d’attirer de nouvelles entreprises.

