Toulouse : un collectif qui sensibilise à l’écologie numérique

@collectifgoodit / Jade Vincent anime la fresque du numérique
@collectifgoodit / Jade Vincent anime la fresque du numérique

 Le numérique représente aujourd’hui 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et 2,5 % de l’empreinte carbone nationale. Des chiffres encore modestes, mais qui risquent d’augmenter au vu de la croissance de la consommation et de la production de numérique. À Toulouse, le collectif Good It souhaite agir pour l’environnement qui se trouve une nouvelle fois menacé.

Limiter les changements d’appareil numérique, réparer lorsqu’un appareil est défectueux et à terme, acheter des appareils reconditionnés. Pour le consommateur, adopter un comportement éco-responsable englobe plusieurs points, d’après Jade Vincent, membre du collectif Good it à Toulouse qui lutte pour un numérique plus responsable. Mais plus que des actes, “Il faut avant tout sensibiliser les consommateurs à l’impact environnemental.”

Une étude de green IT.fr montre l’empreinte numérique environnementale. Dans l’ensemble : l’émission de gaz à effet de serre, la consommation d’eau, de ressources non-renouvelables et d’énergie primaire. “On a beaucoup pointé du doigt les “datacenters”, où sont stockées toutes nos données, ce n’est pas du tout le principal problème”, explique Jade Vincent. “Le véritable problème, ce sont nos consommations à nous ; consommateurs ainsi que le nombre de nos équipements numériques”. 

D’après l’étude de Green IT, en 2019, le monde numérique est constitué de 34 milliards d’équipements pour 4,1 milliards d’utilisateurs, soit 8 équipements par utilisateur. Smartphone, tablettes, ordinateurs, objets connectés de toute sorte. Nous changeons nos smartphones en moyenne tous les 18 mois. Or, la fabrication, plus nombreuse pour les smartphones que pour les autres appareils, représente les trois quart de l’impact environnemental. Pour le smartphone, jusqu’à 70 matériaux et 50 métaux différents sont présents, dont des métaux précieux comme l’or et l’argent et des métaux rares. Un ordinateur de 2 kg nécessite à lui seul plus de 800 kg de matière première, 250 kg d’énergie fossile et 1,5 tonne d’eau. Ces exploitations, qui viennent de pays étrangers, nécessitent des procédés d’extraction chimique très polluants. Une fois récupérés, ces minerais sont transformés. Près de 200 étapes sont nécessaires à la production de leurs composants électroniques.

Un numérique éco-responsable à l’avenir ?

Frédéric Daubagna est membre du collectif Good IT. Il se dit être un “repenti du numérique". Effrayé par l’évolution du numérique vers le métavers notamment. “Nous allons avoir besoin d’outils surpuissants et de 5 g puis de 6 g. Cela pose la question du changement climatique et de l'épuisement des ressources”, s'inquiète-t-il. D’après l’étude menée par GreenIT.fr, au rythme actuel, le numérique dépend de ressources qui seront considérées comme ressource critique non-renouvelable d’ici moins d’une génération. Jade Vincent estime quant à elle, qu’à l’avenir, "nous serons obligés d’avoir des usages du numérique plus raisonnés, notamment dans les entreprises”. En rappelant que l’utilisation de deux téléphones, l’un professionnel et l’autre personnel est un également un obstacle au numérique éco-responsable.

Laurent Chrétien, directeur de Laval Virtual, travaille avec l’Ademe, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie. D’après lui, personne ne sait quel sera l’impact écologique du numérique sur les prochaines années. “Si c’est bien fait, le développement du numérique tel que le métavers peut sauver la planète”, dit-il,”mais pour l’instant, “on ne sait pas quelle sera la conséquence d’une consommation massive, ni si elle sera plus coûteuse en énergie”. Il assure également, lors de ses salons, sensibiliser le plus grand nombre au numérique responsable. 

Pour l’heure, Jade Vincent anime la fresque du numérique avec Good IT, un atelier de 3 heures pour explorer les causes et conséquences de nos usages des technologies du numérique. Enfin, l'atelier se termine par une série de cartes "actions", des solutions pour réduire l'empreinte de l'IT (technologies de l'information) “Il n’est pas question de créer des angoisses, mais de sensibiliser la population et de trouver des solutions à notre échelle”, conclut-elle.

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