Covid-19 : Le sport amateur veut tourner la page

Depuis deux ans, le sport amateur toulousain subit de plein fouet la crise sanitaire due à la Covid-19.
A Toulouse, les sport amateur entrevoit la lumière au bout du tunnel et espère tourner la page du Covid-19. ©Bastien Loubet

Depuis deux ans, le sport amateur toulousain subit de plein fouet la crise sanitaire due à la Covid-19. Compétitions annulées ou suspendues, cas contacts, gestes barrières et démobilisation, le casse-tête est grand pour tous les acteurs. Si cette troisième saison sous le signe de l’épidémie incarne l’espoir d’un retour à la normale, les conséquences pour ces structures, parfois fragiles, peuvent s’installer dans la durée.

Le 17 mars 2020, la France connaît son premier confinement dû à l’apparition de la Covid-19. Sa mise en place signe, à l’époque, l’arrêt total des compétitions sportives. “La première année a été très difficile. Tout s’est arrêté d’un coup. C’était nouveau tout ça alors on l’a accepté”, confie Stephan Bride, dirigeant au club de football de Lagardelle-Miremont. Les compétitions sont annulées, les classements gelés, la saison est amputée de son épilogue. L’activité sportive s’arrête pour plus de 15 millions de Français licenciés ou bénévoles (Ministère chargé des Sports).

La saison suivante, on a pu repartir, les licenciés sont revenus, le sport leur manquait. C’était plus difficile au niveau des dirigeants et des éducateurs. On en a perdu quelques-uns, et malheureusement, les règles du district n’ont pas évolué pour faciliter la transition. Il va falloir apprendre à vivre avec le Covid, sinon ça va être compliqué”, ajoute Stephan Bride.

Le 30 octobre 2020, alors que les compétitions ont repris depuis deux mois, avec des règles sanitaires strictes, un nouveau confinement est annoncé. “Là encore, on nous a arrêtés net, mais cette fois, on a pu reprendre la compétition à la fin du confinement. C’était moins difficile à gérer”, souligne le dirigeant de Lagardelle. La situation n’était plus inédite, et les mesures mises en place, bien que contraignantes, ont permis de pratiquer une activité sportive, avec comme grand défit la survie du monde amateur.

Pour certains clubs, cette deuxième saison depuis l’apparition du virus n’a même représenté que peu de différences : “Nous n’avons pas eu de difficulté, on a pu s’organiser pour des entraînements en extérieur. Les collectivités nous ont soutenus. On n’a pas perdu de licenciés, au contraire”, explique Virginie Segala, présidente de l’Astro Basket Club. Elle admet pour autant : “On a eu de la chance, c’était bien plus difficile pour d’autres clubs, notamment de basket.

Les effets du Covid-19 seront là sur le long terme

Cette année, ça se passe bien, mais ça reste un casse-tête au niveau de l’organisation. Notamment avec les cas contacts. On doit parfois annuler des entraînements et, plus rarement, des matchs. Le passe vaccinal est quand même un frein”, souligne Stephan Bride. Les réfractaires à la vaccination ne sont plus présents, sur et en dehors du terrain, et la mise en place des contrôles du passe peut poser problème. D’un point de vue purement sportif, la saison 2021-2022 se déroule bien pour la majorité des clubs et sports, bien que certains, comme l’équipe réserve de Rieumes FC ou de Toulouse Mirail, aient dû déclarer forfait général, par manque d’effectif disponible.

Le maintien des compétitions est primordial, pour la santé de ces associations, mais également de leurs adhérents. Le traumatisme physique est une donnée à prendre en compte depuis la reprise du sport. Un arrêt brutal, comme le confinement, augmente le risque de blessure. Une étude de l’Institut de Recherche du Bien-être, de la Médecine et du Sport Santé (IRBMS), montre qu’un arrêt de trois à quatre semaines entraîne une perte de 20 à 30 % de ses capacités physiques et connaît également des répercussions sur la physiologie et la psychologie. Depuis deux ans, la pratique du sport est grandement contrainte.

Là où c’est plus difficile, c’est au niveau économique. Les clubs amateurs sont souvent fragiles et s’appuient sur les frais d’inscriptions, les subventions et l’abnégation des bénévoles. Par exemple, pour nous à Lagardelle, les subventions ont été coupées pour toutes les associations. Nous avons également divisé par deux le prix des licences. Financièrement, les effets du Covid-19 seront là sur le long terme”, indique Stephan Bride. Les clubs amateurs reposent aussi, pour beaucoup, sur les bénévoles. Depuis deux ans, ils sont moins impliqués et difficiles à trouver.

Cette démobilisation, jointe aux mesures sanitaires, empêche notamment l’organisation d’événements autour du club : “Pas de lotos, pas de repas, c’est de l’argent en moins qui permettait de faire vivre le club”, ajoute le dirigeant. Le variant Omicron représentait à nouveau une menace sérieuse pour la pratique sportive. Cette vague a pu être gérée sans confinement. Le sport amateur est soulagé : “On entrevoit la lumière au bout du tunnel”, conclut Virginie Segala.

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