Toulouse : les « oubliés du Ségur » mobilisés ce mardi place du Capitole

Les personnels du monde médico-social se sont réunis place du Capitole ce mardi 1er février. ©GuilhametV
Les personnels du monde médico-social se sont réunis place du Capitole ce mardi 1er février. ©GuilhametV

Depuis de longues semaines, les salariés du secteur social et médico social d’Occitanie se mobilisent pour obtenir une hausse des salaires, une meilleure reconnaissance et plus de moyens humains. Un nouveau rassemblement se tenait ce mardi 1er février à Toulouse, place du Capitole.

Le dossard rouge pétard vissé jusqu’aux épaules, Stéphane Balanche, éducateur spécialisé et délégué CGT, n’en démord pas : « nous sommes les invisibles de la santé. Nous sommes considérés comme soignants quand cela arrange le gouvernement, mais dès lors qu’il s’agit de revalorisations de salaire, là nous ne sommes plus rien.« 

Ce mardi 1er février, environ 300 personnes ont répondu à l’appel de la CGT et de la fédération Sud Santé Hautes-Pyrénées pour faire entendre leur colère à Toulouse, place du Capitole. Le 7 décembre dernier, 80 000 d’entre eux ont manifesté partout en France pour la défense de leurs métiers, contre la dégradation de leurs conditions de travail, la surcharge de travail, ou encore le manque de personnel.

Parmi les rangs des manifestants, on compte surtout des salariés du médico-social, les fameux « oubliés du Ségur ». Clara, coordinatrice dans un établissement spécialisé, fait partie de ces « invisibles » : « c’est à n’y rien comprendre : ma collègue, qui exerce pourtant dans les mêmes établissements et services que moi, a pu toucher ce mois-ci sa prime Ségur. Moi, je l’attends encore ! »

Perte de 30 % du pouvoir d’achat

L’un des enjeux principaux de la mobilisation concerne en effet l’attribution de la prime du Ségur. Petit retour en arrière. En septembre 2020, l’Etat décide de revaloriser de 183 euros net les salaires de tous les professionnels des établissements sanitaires et des EHPAD (publics et privés non lucratif). Les salariés des autres établissements sociaux et médico-sociaux, dans les secteurs du handicap, du domicile et du social, sont oubliés. Dès lors, ce sont autant d’agents de soins, d’éducateurs, de personnels administratifs, de psychologues et autres psychomotriciens qui sont mis sur la touche.

Les personnels médicaux-sociaux estiment avoir perdu 30 % de pouvoir d’achat en 30 ans. Ils demandent par ailleurs une revalorisation du point d’indice gelé depuis le milieu des années 90 « si l’on excepte une revalorisation de 0,03 % il y a trois ans qui n’a même pas suffit à couvrir l’inflation, on a rien eu depuis 30 ans » peste encore la coordinatrice toulousaine.

A cet appel à la mobilisation se sont aussi greffés d’autres secteurs en crise, comme celui des salariés de Pôle Emploi. A l’appel d’un mouvement national suivi par la totalité des syndicats, les agents réclament eux aussi une hausse des salaires significative, et tirent à boulets rouges sur « une direction qui ignore complètement les revendications légitimes du personnel« , détaille Emmanuel M’Hedhbi, délégué syndical au SNU-FSU Pôle Emploi en Occitanie.

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