Toulouse : La carcasse d’un sanglier déposée devant une enseigne de pompes funèbres musulmanes 

Toulouse : La carcasse d’un sanglier déposée devant une enseigne de pompes funèbres musulmanes 

Un sanglier mort a été déposé devant des pompes funèbres musulmanes.
Un sanglier mort a été déposé devant des pompes funèbres musulmanes. ©Pixabay

C’est ce lundi 31 janvier que le cadavre d’un sanglier a été découvert accroché à proximité des pompes funèbres musulmanes du centre commercial Barry à Toulouse. 

Une carcasse de sanglier sanguinolente punaisée à un panneau “parking réservé à la clientèle du centre commercial”, voilà le spectacle auquel ont assisté les riverains du quartier de la Cartoucherie ce lundi 31 janvier au matin. Devant cette découverte, le propriétaire des pompes funèbres musulmanes se sent visé. Djamel Sekkak, 62 ans, qualifie cet acte d’islamophobe. “On est choqués. On a peur pour les enfants, cela fait plusieurs fois que nous sommes attaqués” s’inquiète-t-il. Selon le sexagénaire originaire d’Algérie, il n’y a pas de doute “c’est une attaque envers la communauté musulmane”

“ Le climat actuel me fait peur” 

Installée depuis 2007 dans le quartier, l’entreprise de Djamel essuie depuis cinq ans maintenant des dégradations incessantes : “ils ont cassé les vitrines deux ou trois fois, et puis il y a eu les tags aussi et maintenant le sanglier mort, on en peut plus” scande-t-il.  Une temporalité qui peut être reliée, selon le gérant, à l’installation de la première chambre funéraire musulmane de France annexe à l’enseigne de pompes funèbres. “On ne comprend pas, on fait quelque chose de nouveau, c’est inédit et on nous répond par la violence. C’est un paradoxe incompréhensible” explique le propriétaire. 

En cinq ans, Djamel et sa famille ont déposé “au moins trois plaintes” toutes sans suite. “Ce matin ma fille est à nouveau partie déposer plainte, mais j’ai des doutes quant au succès d’une éventuelle enquête” explique le sexagénaire. Pour lui, ce n’est pas une affaire personnelle, mais bel et bien le reflet d’un climat actuel qui lui fait peur : “on parle sans cesse de la communauté musulmane en nous stigmatisant alors que nous sommes comme tout le monde. Je ne veux incriminer personne, mais il faut arrêter les gens qui nous ont fait ça.” Après le dépôt de la plainte, une enquête a été ouverte par le groupe d’appui judiciaire pour déterminer s’il s’agit d’un acte islamophobe. 

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