Inondations : après la décrue, place au nettoyage

Déchets plastiques accrochés aux branches à Blagnac. © Manon Warnau
Déchets plastiques accrochés aux branches à Blagnac. © Manon Warnau

Après les fortes intempéries du dimanche 9 janvier 2022 au mardi 11, les conditions sont redevenues stables. A présent, il est temps de tout nettoyer. Associations et défenseurs de l’environnement ont effectué un premier repérage dimanche 16 janvier. Les premiers ramassages de déchets ont également déjà commencé à Toulouse.

Les images de la crue de la Garonne sont encore bien ancrées dans l’esprit des Toulousains. En sortant de son lit, ce ne sont pas seulement des quantités d’eau colossales qu’elle a emportées avec elle, mais également une multitude de déchets et notamment du plastique. « L’eau est montée à 3,41 mètres et tout s’est agrippé aux branches. Ce sont principalement des déchets plastiques qui sont perchés dans les arbres », explique Pascal Levigne, président de l’association Team River Clean Toulouse.

« La crue, une fois repartie dans son lit, nous a déposé tous ces objets et il faut qu’on les enlève avant la prochaine crue, qui se déroule habituellement fin mai-début juin, après la fonte des neiges », ajoute Pascal Levigne. Le repérage peut donc commencer. Dimanche 16 janvier, Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (AAPPMA), Team River Clean Toulouse et Champ d’actions ont fait un premier état des lieux sur différents sites à Toulouse et autour. « Nous avons trouvé une centaine de pneus, des bouteilles plastiques, des cannettes, … un petit peu de tout ! »

L’heure du ramassage a presque sonné

Certaines collectes de déchets ont pu débuter mais ce n’est pas le cas de toutes. Du côté de Blagnac par exemple, les berges sont trop dangereuses. Jugées trop boueuses à cause de l’omniprésence de limons, ces fines particules de terre entraînées par les eaux et déposées sur les berges, les personnes risqueraient de glisser et de tomber. Le ramassage est donc remis à début février.

Du côté de Toulouse, l’association Champ d’actions a démarré sa collecte dès mercredi 12 janvier sur les berges des Amidonniers, des Sept-Deniers, de la Prairie des filtres et de l’écluse Saint Michel. 2,5 tonnes de déchets ont ainsi été ramassées. « C’est choquant, un arbre pouvait avoir cinq à six gros sacs de plastique sur les branches et il y avait beaucoup de sacs poubelles fermés datant de la grève des éboueurs ! On a pu constater cela sur les cinq kilomètres parcourus », s’exclame Cécile Clémente, co-fondatrice de l’association Champ d’actions.

En dehors de ces collectes organisées et réalisées en semaine par des bénévoles chevronnés, d’autres sont également ouvertes au public tous les dimanches dans différentes villes. Les élus municipaux de la commune de Blagnac seront également présents le dimanche 30 janvier.  

Des déchets à risques

Les déchets ramassés sont placés dans des bennes, prêtées par les mairies. Seul inconvénient, « on se fait souvent avoir avec les quantités parce qu’elles sont souvent plus importantes que prévu », précise Cécile Clémente, en étroite collaboration avec les services techniques de Toulouse Métropole.

Concernant les autres déchets, s’ils ne sont pas récupérés rapidement, le risque est qu’ils soient à nouveau emportés dans l’eau et finissent dans les océans. « Les sacs plastique se transforment en micro-plastique, pouvant être ingérés par les poissons et les oiseaux, ce qui pourrait les nuire. L’homme aussi pourrait ingérer ces cellules, ce qui augmenterait le risque de cancer », déplore Pascal Levigne.

« Les déchets ferreux vont commencer à apparaître et on va pouvoir les sortir pour éviter que des personnes se blessent en rentrant dans l’eau », ajoute également Mickaël Nguyen, président de l’Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (AAPPMA) de Toulouse.

Si vous souhaitez participer aux ramassages, vous pouvez contacter ces trois associations sur leur site ou leur page Facebook.

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