Grève surprise des sages-femme à la clinique Rive Gauche de Toulouse, pas d’accouchement possible

Les sages-femmes en grève ©Pixabay
Les sages-femmes en grève ©Pixabay

Les sages-femmes de la clinique Rive Gauche de Toulouse ont entamé une grève dès mercredi matin. Celle-ci devrait s’arrêter le mercredi 19 janvier. Les accouchements ne peuvent pas avoir lieu.Les patientes sont dirigées vers d’autres établissements pour leur accouchement. 

Voilà que les grèves continuent. Les sages-femmes veulent se faire entendre et revendiquer leurs droits. Pour cela, elles entament de nouveau une grève. A la clinique Rive Gauche de Toulouse, aucun accouchement n’est possible depuis mercredi matin. « La situation devrait s’améliorer la semaine prochaine », espère un infirmier de la clinique. Les patientes sont orientées vers d’autres services de soin, par le centre du SAMU (15).

Privée et public

Le mouvement de grève des sages-femmes est national. « Il y a plusieurs facteurs de grève mais le plus important est l’écart des salaires entre le secteur public et le secteur privé. Les sages-femmes des cliniques touchent moins que les professionnelles du secteur public, pour le même travail, avec les mêmes complications des accouchements », explique l’infirmier. La revalorisation de la grille salariale touche d’autres secteurs médicaux, comme les services de soins. « L’écart de salaire selon l’ancienneté peut aller de 400 à plus de 1000 euros » détaille une des sages-femmes. Pour ce qui est de la grille de profession, les sages-femmes souhaitent plus de valorisation : « La grille agent de maîtrise A ne correspond pas à notre profession (charges de service hôteliers, restauration..). Elle n’est pas à la hauteur du salaire attendu après 5 années d’études (bientôt 6) et des responsabilités médico légales des sages femmes » continue la soigante.

Manque de personnel 

Une sage-femme gréviste déplore également le manque de personnel : « Il manque de sages-femmes, il manque des aides. Certaines se mettent en arrêt maladie et ne sont pas remplacées, ce qui rend les conditions de travail plus difficiles. Il faut que ça change ».  La clinique Rive Gauche est la première maternité du secteur privée de l’agglomération toulousaine. Environ 3.800 accouchements se font en une année. Une autre renchérit : « Nous souffrons actuellement d’un manque cruel de recrutement de sages-femmes au sein de la clinique par manque complet d’attractivité à cause de ce salaire. Nous travaillons en flux tendu et en sous effectifs. Nous sommes systématiquement rappelées sur nos repos ou sur nos congés. Notre équipe est épuisée et décimée par les arrêts maladies pour Covid, burn out ou par les démissions et nous ne tolérons plus de travailler malgré la qualité de l’équipe sur place, dans des conditions que nous jugeons insecures« .

Patientes transférées

Mercredi soir, le directeur département de l’Agence régionale de santé (ARS), Thierry Cardouat a reçu les sages-femmes de la clinique Rive Gauche. Jeudi 13 janvier, le directeur a rencontré la direction et les équipes médicales. Une organisation a été mise en place pour « assurer la sécurité des patientes et la continuité des soins ». La maternité Paule de Viguier, au CHU de Toulouse bénéficiera de renforts supplémentaires des gynécologues obstétriciens de la clinique. Le transfert des patientes est régulé par le SAMU.

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