Cyclistes : une volonté de sécurité mais un réel danger

Homme à vélo
Rouler entre deux voies de voiture présente un danger pour le cycliste ⓒPixabay

A partir du 7 mars 2022, la Grande Rue Saint-Michel passe en sens unique pour les véhicules motorisés. Les vélos pourront y circuler librement dans les deux sens de circulation. La cohabitation entre les véhicules motorisés ainsi que les vélos fera-t-elle bon ménage ?

Cette voie cyclable partagée s’ajoute aux 2650 déjà présentes sur la métropole toulousaine. Les villes possédant le plus de voies sont Toulouse, Colomiers, Blagnac, Balma et Tournefeuille. Elles comptent plus d’une centaine de voies chacune, ce qui représente 60% du réseau de la métropole. L’écologie ainsi que la protection de l’environnement sont des enjeux actuels majeurs et Toulouse et sa périphérie n’échappent pas à cette règle. Le réseau cyclable (hors réseau vert), a augmenté de 14% de 2015 à 2020 selon un rapport de Toulouse Métropole datant de 2021.

Un danger pour tous

Dans ce réseau cyclable sont mentionnés : le réseau vert (voies partagées avec des piétons, trottinettes, skates, etc.), les pistes cyclables (zones définies où ne circulent que les vélos), les bandes cyclables (zones distinguées par des marquages au sol sur la route), les couloirs de bus, les bandes à contresens, les contre allées (allées adjacentes aux rues souvent matérialisées par des places de parking), trottoir et vélorue (rue où sont limitées les vitesses des véhicules motorisés).

A Toulouse, on dénombre 392 kilomètres de voies cyclables. Parmi elles, 30,3% sont considérées comme dangereuses. Les zones sont partagées par des véhicules motorisés : deux-roues, voitures, camions ou encore bus. Le réseau vert est lui partagé par des véhicules non-motorisés mais la présence de vélos pouvant s’élancer à plus de 15km/h représente également un danger pour les promeneurs et amateurs de petite reine, malgré son atout environnemental. En ajoutant ce type de voie, la part de pistes dangereuses dans la ville rose s’élève à 77,3%.

Dans la périphérie toulousaine, c’est la ville de Blagnac qui se démarque. Sur la totalité de ses voies cyclables, elle n’enregistre que 6% de pistes dangereuses. En ajoutant le réseau vert, la ville aéroportuaire atteint seulement les 39% de voies potentiellement dangereuses sur la totalité de son réseau. 

La totalité du réseau vert dans la métropole toulousaine représente 52% de la totalité du réseau cyclable. Un atout majeur pour l’environnement malgré ses problématiques de cohabitation piétons-vélos.

La sécurité au cœur des débats

Dans le centre de Toulouse, plusieurs projets de pistes cyclables sont en cours. Les travaux de la rue de Metz ont débuté en ce début d’année pour aménager une zone semi-piétonne. Mais les associations de piétons telle que “60 Millions de piétons” craignent que la séparation entre la bande cyclable à double sens et les bandes piétonnes ne soit pas suffisamment marquée. Le danger serait d’autant plus présent pour les personnes à mobilités réduites, comme les malvoyants qui ne “verraient pas les vélos ou trottinettes qui foncent sur eux” indique le président de l’association Richard Mebaoudj à la Dépêche.

D’ici février 2022, c’est la grande rue Saint-Michel qui sera le théâtre d’une expérimentation qui durera 10 mois. La rue ne sera accessible qu’en sens unique pour les véhicules motorisés. La voie qui se retrouvera non utilisée sera transformée en piste cyclable pour que celle-ci devienne à double-sens. Or, la voie de bus sera maintenue, ce qui relance la question de la sécurité pour les vélos et les piétons. Reste à voir si cette expérience sera fructueuse et si ces nouvelles pistes vont satisfaire les cyclistes.

Jade Pied & Louane Jean

Et si vous lisiez des articles sur le même thème ?