Covid-19 : à l’école, les protocoles bousculent le quotidien

Enfant à l'école
À l'école, les protocoles bousculent le quotidien. © Pixabay

Alors que les files d’attente des laboratoires et des pharmacies ne cessent de s’accroître, les mesures changent du jour au lendemain. Dans les écoles, personne ne comprend vraiment tous ces changements, provoquant l’incompréhension totale.

Devant moi dans la pharmacie Souillard de Blagnac, un père et sa fille de deux ans et demi viennent pour faire tester l’enfant en raison d’un cas dans la classe. Mais le protocole a changé hier. Il n’est pas au courant et suit les directives de la maternelle. C’est Maëlys, la pharmacienne, qui doit appeler l’école en personne pour savoir quoi faire et tenir au courant l’établissement de l’évolution du protocole. Finalement, ce seront 3 autotests fournis au père. Situation aussi étrange qu’ubuesque. Quelques minutes plus tard, le patron de la pharmacie préviendra son employé que le protocole n’entrera en vigueur que vendredi… C’est à ne plus rien comprendre. Les événements comme celui-ci ne sont pas rares remarque Maëlys : « Ce n’est pas notre rôle et ça arrive souvent. On apprend en même temps que tout le monde. Nous n’avons pas de directive avant, donc nous sommes dans le flou et qu’on ne peut pas gérer ».

Un troisième protocole en 6 jours

« On préfère tester que fermer ». Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, était l’invité d’Europe 1 ce matin et a défendu l’allègement des mesures annoncées hier soir par Jean Castex dans le cadre de l’école. Depuis la rentrée, les élèves cas contact devaient obligatoirement réaliser un premier test PCR ou antigénique en pharmacies ou laboratoires avant de faire deux autotests. Désormais c’est fini. Les autotests, qui seront gratuits suffiront, toujours au nombre de trois. Une seule attestation de dépistage indiquant que le test est négatif sera demandée aux familles pour « simplifier la vie des parents et des enseignants », confiait Jean Castex au JT de France 2 hier soir. Mais dans la réalité tout n’est pas aussi facile.

Vanessa, institutrice à Tournefeuille, déplore ce nouveau changement : « Le nouveau protocole a été annoncé ce lundi soir à 20h à la télévision. Depuis, aucune information n’a été transmise aux personnels de l’éducation nationale. Nous apprenons, comme toujours, les protocoles par le biais de la télé. C’est déjà le 3ème protocole en 6 jours de classe… ». Désormais les enfants peuvent rester toute une journée dans la classe même s’ils sont positifs alors qu’en maternelle ils ne portent pas de masques.

Des incompréhensions permanentes

Devant le laboratoire Airbio dans le quartier d’Ancely des dizaines de personnes attendent de pouvoir se faire tester. Parmi eux, Tamira, mère de deux enfants, reconnaît le manque de communication autour du sujet : « La maîtresse est positive. L’école nous a dit de les faire tester vendredi mais ça ne sert à rien puisqu’il fallait aussi les tester lundi et mercredi. Le protocole devient trop compliqué, ça change chaque semaine, alors que ça ne sert à rien ». Samia, mère de Yanis, onze ans, qui vient se faire tester, ne connaissait pas le nouveau protocole annoncé par Jean Castex : « Vous m’apprenez le nouveau protocole, je ne le connaissais pas. Maintenant que je suis ici on va le faire mais c’est vrai que c’est une preuve que c’est difficile de s’y retrouver. Les protocoles changent tout le temps ».

Ces informations qui n’arrivent pas ou que très peu partiellement rendent le travail des instituteurs et institutrices très compliqué. Vanessa, institutrice, confie : « On adapte le travail des classes qui peuvent aller de 30 à 2 élèves selon les jours. On fait la police en vérifiant les résultats des tests ou les attestations sur l’honneur. Nous essuyons la colère et les incompréhensions des parents et cependant on essaie de poursuivre le programme car il n’existe pas d’allègement de ce côté-là… ». Cette lassitude et ce mécontentement déclenche la colère de cette enseignante qui, pour la première fois de sa carrière, sera en grève jeudi : « parce que l’école n’a pas à être ce qu’elle est devenue en termes de conditions de travail et de conditions d’accueil des enfants. »

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