Dépistages de masse, pharmacies sous l’eau, quelle est la solution ?

Près de cinquante personne faisant la queue pour se faire tester devant Airbio à Blagnac.

Toulouse n’échappe pas au dépistage de masse provoqué par la recrudescence de cas contacts après les fêtes. Alors que le gouvernement a annoncé l’ouverture de nouveaux centres, les pharmacies appellent à l’aide. Reportage à Blagnac.

Il est 9h30 et plus d’une cinquantaine de personnes font déjà la queue devant le laboratoire Airbio Blagnac. Parmis eux, beaucoup d’enfants, accompagnés de leur parents attendent patiemment depuis presque une heure. Maxime a du prendre sa journée pour aller faire tester sa fille de quatre ans, afin qu’elle puisse revenir à l’école demain. « Depuis la rentrée scolaire, on a l’habitude de venir dans ce laboratoire. Dès qu’il y a un cas contact on est obligé de faire tester notre enfant pour qu’il puisse revenir à l’école. C’est vraiment pénible parcequ’on ne peut jamais prévoir à l’avance et ça nous demande beaucoup de temps et d’organisation ».

J’ai l’impression qu’on peut être cas contact avec n’importe qui depuis les fêtes

Maxime, 34 ans, père de famille toulousain au micro de Justine Cazaux

Quelques mètres plus loin, Cécile rabat son parapluie. Il y a deux jours, elle a été testée négative après avoir été cas contact d’une collègue à son bureau, mais depuis hier soir, quelques symptômes l’inquiète. « Je viens me faire tester pour avoir le coeur net sur ma situation, d’autant plus que les auto-tests ne sont pas fiables pour moi. Je viens aussi pour pouvoir anticiper, si jamais ma famille doit se faire tester à cause de moi. J’ai l’impression qu’on peut être cas contact avec n’importe qui depuis les fêtes. Au lieu de devoir se faire tester on devrait simplement rester chez nous mais bon ça coûte trop cher à l’économie…»

Installations de tente pour les pharmacies, une vraie solution ?

Lors d’une interview donnée à l’émission politique de BFM TV ce dimanche 9 janvier, le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal a annoncé un « plan de renforcement des capacités de tests ». Parmi les mesures présentées : l’ouverture de centres de dépistage à proximité des centres de vaccination, mais aussi, la possibilité d’installer des tentes à l’extérieur des pharmacies. Celles-ci devraient être dédiées au dépistage de masse.

Nathalie, préparatrice en pharmacie dans la galerie marchande de Blagnac, réagit à cette nouvelle mesure : « Toutes les nouvelles idées sont les bienvenues. La vraie question c’est : est-ce que ça va vraiment marcher ? Parce que mettre une tente à l’extérieur de l’officine, ça nous permet forcément de plus se consacrer à autre chose à l’intérieur de la pharmacie, mais deux problèmes vont se poser … D’un côté, toute l’informatisation des résultats qui se fait sur les réseaux de la pharmacie ne pourra pas être possible dans les tentes. De l’autre, déjà que nous avons du mal à recruter, il va être très compliqué de trouver des personnes supplémentaires dédiées pour assumer encore plus de tests ». Pour cette professionnelle, ces longues semaines de dépistage sont épuisantes et l’éloigne de son métier. « Je n’ai même plus l’impression de faire mon vrai métier. Avant je connaissais mes patients, on avait le temps de discuter. Maintenant les gens veulent tout, tout de suite et nous n’avons plus aucun lien ».

Dans certaines villes, les mairies ont déjà commencé à déployé ces nouveaux dispositifs, certains sont même réservés uniquement pour les enfants. À Toulouse, la mairie n’a pas encore annoncé d’autres ouvertures de centre de dépistages.

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