L’atypique mélodie d’une conque vieille de 18 000 ans retrouvée au Muséum de Toulouse

L’atypique mélodie d’une conque vieille de 18 000 ans retrouvée au Muséum de Toulouse

Trois notes ont déjà pu être jouées sur la conque. Crédit: CC BY-SA 4.0 de Didier Descouens
Trois notes ont déjà pu être jouées sur la conque. Crédit: CC BY-SA 4.0 de Didier Descouens

Dans les collections du Muséum de Toulouse, une conque datant de 18 000 a été découverte. Il s’agit là d’un des plus vieux instruments à vent de l’histoire. Plusieurs notes ont déjà pu être rejouées sur ce coquillage.

Vous vous souvenez quand petits, nous écoutions le bruit de la mer en collant un coquillage à notre oreille ? Et bien, nos ancêtres préféraient, eux, souffler dedans. C’est la découverte de Carole Fritz, chercheuse aux CNRS. Un coquillage vieux de 18 000 ans a refait surface dans les collections paléontologiques du Muséum de Toulouse. Ce coquillage, qu’on appelle conque car il est taillé pour devenir un instrument de musique, est le plus vieux jamais retrouvé. C’est également le deuxième plus ancien instrument à vent après des flûtes datant de 35 000 ans. Les recherches sur cette trouvaille ont été publiées mercredi dans la revue scientifique Science Advances.

Trois notes déjà recréées

Ce triton à bosses (Charonia lampas) a été découvert en 1931, dans la plus vieille grotte ornée des Pyrénées, la grotte de Marsoulas. La conque appartenait à nos ancêtres les Magdaléniens. C’est un spécialiste toulousain du cor, Jean-Michel Court, qui a été missionné pour faire à nouveau résonner les notes de cet instrument. En soufflant dedans, on retrouve un bruit tout droit sorti des cavernes. Trois notes différentes ont pu être reproduites. Elles se rapprochent du do, du do dièse et du ré. On vous laisse écouter ces sons recueillis par le CNRS.

Pour éviter d’abîmer ce coquillage, une copie a été produite par une imprimante 3D. Le musicien pourra alors tenter de retrouver de nouvelles notes sur cette impression. Pour obtenir ces sons, les Magdaléniens ont dû modifier le coquillage. La pointe a été cassée pour en faire un trou de 3,5 cm de diamètre et l’air pouvait circuler grâce la perforation de spires. Des éléments qui valident encore l’utilisation de ce triton à bosses comme instrument de musique. L’analyse des images a également montré la présence de pigments sur la coquille, preuve qu’elle a été décorée. Les dessins dans les grottes n’étaient donc pas la seule activité culturelle de ces hommes préhistoriques. La prochaine étape pour l’avancée des recherches pourrait être, d’après Carole Fritz, d’essayer de jouer de cette conque dans la fameuse grotte de Marsoulas.

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