La trêve hivernale étendue face à la crise sociale

La trêve hivernale étendue face à la crise sociale

La trêve hivernale étendue jusqu'au 1er juin - Crédits CC0
La trêve hivernale étendue jusqu'au 1er juin - Crédits CC0

En pleine crise sanitaire mais également sociale, la trêve hivernale a été étendue par le gouvernement. Jusqu’au 1er juin, les expulsions de logements sont interdites.

Face à la fragilité sociale et économique du pays, le gouvernement fera un geste pour les ménages en difficulté. La trêve hivernale, qui devait s’achever le 1er avril, prendra finalement fin le 1er juin prochain. C’est la ministre déléguée chargée du logement, Emmanuelle Wargon, qui l’a annoncé dans les lignes du Parisien hier. Les expulsions seront ainsi repoussées, comme cela a été fait l’année dernière. Le même jour, la fondation Abbé Pierre publie son 26eme rapport annuel sur le mal-logement.

La crise a créé de la précarité …

Selon le rapport, 2020 aura projeté une nouvelle population dans la précarité : “La crise a ainsi déstabilisé des publics jusqu’ici protégés et le phénomène est suffisamment massif pour inquiéter”. 45% des personnes venues demander des aides au Secours populaire n’avaient jamais été bénéficiaires auparavant. Une bascule soudaine dans la précarité, qui mène une méconnaissance du système d’aide sociales et une réticence à interpeller les services sociaux selon la fondation Abbé Pierre. Elle estime également que cette mutation est le signe de l’insuffisance des mesures mises en place. Sur le sujet du logement, le rapport indique que , “les dispositifs de prévention des impayés sont insuffisamment dotés pour faire face à leur augmentation et la prévention des expulsions locatives n’arrive pas à en tarir le flux”.

… tout en aggravant la situation des mal-logés et des sans-abri

Pour les sans-abri, un million de places vont être remplis pour l’hiver 2020-2021 aux Restos du Coeur. L’année précédente, ils avaient accueilli 875 000 personnes. Le rapport pointe également du doigt les difficultés liés au confinement pour les personnes sans-abri dont “les principales ressources se trouvent dans la rue et qui dépendent d’associations souvent fragiles pour tenir la tête hors de l’eau”. Selon la fondation, la crise sanitaire aurait fait surgir les demandes de logement, “ notamment des hommes pour lesquels les solutions d’hébergement sont limitées, ainsi que des personnes hébergées chez des tiers, du fait du risque sanitaire lié à ce mode d’hébergement”.  Ainsi, elle pointe du doigt une “fragilité” dans l’organisation et la mise en place des aides pour les personnes sans-abri, que la crise aura mis en exergue.

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