Fin de la trêve hivernale reportée : « C’est insuffisant », selon DAL31

Fin de la trêve hivernale reportée : « C’est insuffisant », selon DAL31

Nina, porte-parole du DAL31, estime
Nina, porte-parole du DAL31, estime "insuffisant" le report de la fin de la trêve hivernale. Crédit : Lauriane Pelao

La ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, l’a annoncé ce lundi 1er février : la trêve hivernale est étendue jusqu’au 1er juin. Cela signifie que les locataires ne pourront pas être expulsés de leur logement avant cette date. Pour le Droit Au Logement 31, cette démarche ne fait que repousser l’échéance, sans résoudre les difficultés liées au logement.

« Ce n’est pas en repoussant la trêve hivernale de deux mois que les familles en difficulté vont pouvoir se régulariser et payer leurs impayés ». Nina, l’une des porte-paroles du DAL31 (Droit Au Logement), est claire : la démarche du gouvernement est donc « insuffisante ».

Selon elle, au niveau national, en 2019, 20 000 expulsions ont été recensées. En 2020, alors que la trêve hivernale avait été étendue jusqu’au 10 juillet en raison de la pandémie de Covid-19, on n’en dénombrait que 5000. Pourquoi ? Pour la porte-parole, « il y a eu une protection relative en 2020, mais même s’il y a eu moins d’expulsions, il n’y a pas eu de régularisation des situations ». Résultat, 30 000 procédures de délogement sont en cours en 2021. D’après Nina, 15 000 d’entre elles auraient simplement été décalées d’un an. « Si le gouvernement ne met pas en place des mesures avec un véritable impact, il va y avoir des répercussions l’année prochaine« , déclare-t-elle.

Une demande de mesures avec plus d’impact

« Ce qu’on aimerait, c’est d’abord l’arrêt des expulsions sans relogement préalable« , commence la porte-parole de l’association. Pour cela, elle reprend les mots de la ministre Emmanuelle Wargon, exprimés sur France Info le 29 septembre 2020. La ministre disait alors : « on va essayer de faire le moins d’expulsion possible […] si on n’a pas au moins une solution d’hébergement pour les personnes qu’on expulse ». DAL31 lui, préfèrerait une véritable solution de logement.

Parmi ses autres revendications : la suspension des mesures de délogement, la diminution des loyers, la majoration des APL, l’application de l’arrêté de réquisition et le gel des dettes pour que les familles se régularisent.

De plus, la construction de logement sociaux serait une nécessité. C’est notamment le cas à Toulouse, où depuis 2012, la loi prévoit un taux obligatoire de logements sociaux à hauteur de 25% d’ici 2025. « On est en deçà », affirme Nina. Elle ajoute : « il y a 33 000 demandes pour ce type de logement à Toulouse, dont 75% concernent des PLAI (Prêt Locatif Aidé d’Intégration) », c’est-à-dire des logements sociaux attribués aux locataires en situation de grande précarité.

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