ZeroWaste accuse Toulouse Métropole et l’Etat d’être hypocrites et dénonce la gestion de nos déchets

ZeroWaste accuse Toulouse Métropole et l’Etat d’être hypocrites et dénonce la gestion de nos déchets

ZeroWaste Toulouse a enquêté sur les déchets des toulousains. Crédit : ZeroWaste France
ZeroWaste Toulouse a enquêté sur les déchets des toulousains. Crédit : ZeroWaste France

C’est sur son blog que la division locale de ZeroWaste s’est exprimée. L’association s’inquiète de travaux d’agrandissement prévus à l’incinérateur de Toulouse et dénonce la gestion des déchets par Toulouse Métropole et l’État.

Les membres de ZeroWaste Toulouse se sont intéressés à la manière dont sont traités les déchets des habitants des communes de Toulouse Métropole en 2019, mais surtout à leur incinération. L’intégralité des ordures ménagères résiduelles (OMR) produites par la métropole, soit 207 000 tonnes, ont été incinérées. « C’est l’équivalent d’un Airbus A380 qui est ainsi brulé chaque jour » nous apprend l’association dans un communiqué public.

Sans toutefois le dire clairement, l’association semble être contre certains travaux prévus d’ici à 2024 au sein de l’incinérateur de Toulouse, situé dans le quartier du Mirail. Ceux-ci sont destinés à des mises aux normes des émissions polluantes, mais aussi et surtout, à augmenter la capacité de traitement de l’incinérateur. En effet, le gestionnaire détiendrait un arrêté préfectoral permettant à l’entreprise de traiter au maximum 330 000 tonnes de déchets par an, contre 285 000 auparavant. « Ce sont donc 45 000 tonnes de déchets supplémentaires qui pourraient être envoyés vers l’incinérateur chaque année, augmentant d’autant les rejets et nuisances dus à leur incinération » explique l’association. Ce projet viserait à « détourner des déchets de l’enfouissement en décharge vers l’incinération, qui est considérée comme plus vertueuse écologiquement ». Mais il y a comme un problème pour ZéroWaste Toulouse.

Transition énergétique et économie circulaire des déchets : c’est du green-washing pour l’association

ZeroWaste Toulouse reproche aux industriels du déchet une forme de « green-washing » sur bien des aspects, et à l’Etat et aux collectivités territoriales une forme de complicité. Les incinérateurs sont par exemple appelés « Unités de Valorisation Énergétique » dès lors qu’ils récupèrent « plus de 60% de l’énergie issue de l’incinération des déchets sous forme de chaleur ou d’électricité », ce qui semble gêner ces militants zéro déchets. En fait, ils s’insurgent surtout de la communication de la société Econotre (gestionnaire de l’incinérateur de Bessières) qui utilise ces «  Unités de Valorisation Énergétique » comme bon exemple de ce qu’est l’économie circulaire, « l’incinération des déchets ne devrait être qu’une solution de dernier recours » commente l’association.

Autre reproche concernant les mâchefers, des résidus solides (dont des métaux lourds) résultants du processus de combustion des incinérateurs. L’association fait remarquer que l’Etat les considère comme revalorisés « sous prétexte qu’ils sont utilisés comme sous-couche routière ». Une définition jugée « abusive » et qui permet à Toulouse Métropole d’afficher un taux de valorisation matière de 39% en 2019 alors que 10% sont composés de mâchefers. L’objectif défini par la loi de Transition Écologique de 2020 reste encore loin : il faudrait être à 55% de valorisation matière.

Nos poubelles deviennent des déchets toxiques

L’association rappelle que l’incinérateur produit 3 types de déchets : le mâchefers, des résidus de fumées (REFIOM) et des rejets gazeux. Il faut en comprendre qu’en incinérant plus, on produira plus de déchets toxiques.

Surtout, en enterrant plus de mâchefers, on enterrera plus de métaux lourds. Un rapport du Sénat en pointe le risque : Ceux-ci sont parfois répandus dans la nature au travers du ruissellement des eaux de pluie. Cependant, les mâchefers sont la majorité du temps « revalorisés » lorsqu’ils sont « peu » toxiques.

Concernant les REFIOM, les Résidus d’Épuration des Fumées d’Incinération des Ordures Ménagères, ils sont eux aussi enfouis en raison de leur grande toxicité. Enfin, les rejets gazeux seraient aussi plus nombreux. Ils entraînent d’importantes inflammations des voies respiratoires en cas de contact et « participent à l’accroissement de l’effet de serre ». C’est pourquoi de nouvelles normes concernant les émissions d’oxydes d’azote font parti des raisons pour lesquelles des travaux sont prévus au sein de l’incinérateur.

Ce communiqué a été publié alors que les contrats de gestion des deux incinérateurs de Toulouse arriveront à expiration en 2024, et l’association compte bien en profiter pour faire entendre ses revendications et « impulser » un changement de direction.

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