Le masque spécial sport, suffisant pour ré-ouvrir les salles ?

Le masque spécial sport, suffisant pour ré-ouvrir les salles ?

Cette salle de sport du centre-ville pourrait rouvrir ses portes grâce au masque. Crédit : Justine Seguin
Cette salle de sport du centre-ville pourrait rouvrir ses portes grâce au masque. Crédit : Justine Seguin

La ministre des Sports a annoncé qu’un masque permettant la pratique en intérieur était en développement. Ce masque pourrait permettre la ré-ouverture des salles de sport, toutefois l’AFNOR n’a pas encore donné son accord.

Un masque d’un nouveau genre pourrait voir le jour. Destiné à tous les sportifs, il pourrait permettre aux sports d’intérieur de reprendre et aux salles, d’ouvrir à nouveau leurs portes. Roxana Maracineau, a déclaré au Figaro que ce masque “permettrait aujourd’hui la pratique sportive en milieu couvert, tout sports confondus”. Après sept mois de recherche, les équipes de conception de Décathlon ont annoncé que le masque pourrait être disponible dans le courant du premier trimestre 2021. Mais si le masque a été testé et validé par les sportifs, une validation officielle par l’AFNOR est nécessaire avant la commercialisation du produit. 

L’agence française de normalisation doit valider scientifiquement ces nouveaux masques. S’ils « espèrent une sortie fin janvier, début février », le masque est toujours en train d’être étudié. L’AFNOR tente de s’aligner sur le masque barrière classique, mais avec « plus de respirabilité » pendant la pratique sportive. La grande différence concerne la fabrication de ce masque « sportif », contrairement aux masques première génération, il ne sera pas possible de se le fabriquer seul, à la maison.

Encore des doutes dans les salles de sport

Pour Miguel Mestre, gérant d’une salle Fullfitness sur Toulouse, l’arrivée de ce masque soulève plusieurs questionnements. Il a d’abord peur que « ce ne soit qu’une étincelle, si les théâtres et les cinémas sont fermés, pourquoi les salles pourraient-elles ouvrir ? ». Même certifié par l’AFNOR, le masque devra être validé par le Ministère de la Santé. Et s’il passe toutes ces étapes, « est-ce que la puissance de fabrication suivra » s’interroge Miguel, « il y aura pas mal de masques à créer ».

Ensuite, ses inquiétudes se portent sur les clients, « est-ce qu’ils seront prêts à investir dans un masque ? Je sais que beaucoup ont des réticences à s’entraîner avec un masque ». En Belgique, un masque du même genre est déjà commercialisé, certifié par Centexbel. Le masque est à 20 euros, mais il faut aussi investir dans des filtres, qui doivent être changés au plus tard après un mois d’utilisation. Miguel est sceptique vis-à-vis du retour de ses adhérents en cas d’une ouverture avec masques obligatoires. « C’est un nouvel investissement. Il y aura une séparation entre les adhérents, 100% ne reviendront pas, il y aura des résiliations et d’autres qui vont tarder à revenir ».

Un masque plutôt réservé aux professionnels ?

Si le gérant de salle déclare « que toute solution est intéressante » et penche vers une ré-ouverture, il reste très pragmatique, « moi j’y croirais quand on me dira « le masque est dispo, vous pouvez ouvrir » ».

Selon lui, le masque serait plus « à destination des professionnels ». Et sa commercialisation n’entraînera pas forcément la ré-ouverture des salles. 

Elle permettra toutefois au Ministère des Sports d’appuyer la demande de dérogation pour les sportifs après 18h, libérant les joggeurs et autres sportifs masqués.

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