Les étudiants en « détresse psychologique » : l’attente devient fatale

Les étudiants en « détresse psychologique » : l’attente devient fatale

Les étudiants en études supérieures ne se sont pas redus dans leurs universités depuis la rentrée scolaire. - Crédit : Unsplash
Les étudiants en études supérieures ne se sont pas redus dans leurs universités depuis la rentrée scolaire. - Crédit : Unsplash

Suite aux tentatives de suicide de deux étudiants à Lyon la semaine précédente, l’université de Toulouse semble vouloir renforcer les dispositifs de soutien envers les étudiants, à Toulouse. Mais au regard des étudiants, cette présence semble plus ou moins anecdotique.

Leurs salles de cours et leurs appartements sont désormais confondus. Les cours d’enseignement supérieur se font, depuis le 30 octobre dernier en distanciel, après une rentrée qui marquait le retour en salle. Un deuxième confinement que certains étudiants supportent mal, et qui est sans doute la cause de la « détresse psychologique » des élèves du supérieur.

Les allées de l’université Toulouse Jean-Jaurès sont désormais quasi vides, hormis quelques étudiants qui s’y rejoignent. Une situation liée à la crise sanitaire, qui laisse les étudiants dans l’isolement, en proie aux difficultés financières et à la solitude. La situation pèse plus que jamais sur les futurs diplômés.

A Villeurbanne, en périphérie Lyonnaise, le drame est survenu et a même frappé deux fois. Un jeune étudiant en droit s’est jeté de sa fenêtre avant d’être secouru par les pompiers, entre la vie et la mort, vendredi 8 janvier dans la nuit. Une autre étudiante Lyonnaise, a tenté de se jeter par la fenêtre de son immeuble, avant d’être prise en charge par les pompiers mardi 12 janvier. Une situation extrême qui a entraîné une réponse des universités, comme ici à Toulouse.

« Face à ce phénomène, les universités souhaitent mettre en place des dispositifs de soutiens aux étudiants. Le déploiement de plus de 180 tuteur·rice·s sur notre université permettra de contribuer à l’accompagnement pédagogique des étudiant·e·s dans les semaines à venir. Ce tutorat pourra être assuré en distanciel ou bien en présentiel, dans le respect des obligations sanitaires en vigueur« , indique le mail de l’université Jean-Jaurès, le vendredi 15 janvier 2021, à destination des étudiants.

Un soutien aux étudiants peu perceptible

L’université Jean-Jaurès, comme partout en France a pris des mesures, pour éviter que de tels drames se reproduisent. Mais pour Laure, étudiante en troisième année de psychologie, cette réponse n’est pas optimale. A la question ressentez-vous cet accompagnement, Laure répond non. « On sait que plein de choses ont été mises en place et sont en train d’être mises en place, surtout suite aux dernières annonces, et seront présentes pour le deuxième semestre. Et après oui, il y a eu pas mal de soutien et de choses faites, mais c’est aux étudiants de faire la démarche. »

Une opinion que partage Shaddya, étudiante en troisième année de psychologie. Pour elle, c’est un problème des suivi. « Ils ont mis à disposition un numéro vert sur la page de l’université pour parler, mais c’est pas eux qui nous ont envoyé un mail. On a pas les professeurs ou le corps universitaire qui nous envoie un message pour nous demander, il n’y pas de suivi personnel. Il y a un truc qui est là donc si vous voulez vous en servir vous pouvez, mais après ils ne viennent pas nous demander comment ca va », déplore la jeune femme.

Un suivi qui pêche. Les étudiantes relativisent tout de même l’action de l’université, au vu du nombre d’étudiants, 30 425 au total. Difficile donc d’accompagner les élèves au cas par cas.

Moins de sorties, plus de travail

Désormais cloîtrés dans leurs appartements, le mal-être se fait ressentir. “J’attends la reprise en présentiel parce que j’ai l’impression qu’il y a plus de travail en distanciel qu’en présentiel, et même pour sortir […] Rester chez soi, c’est déprimant même pour les gens comme moi qui sont casaniers.” confie Shaddya.

Actuellement en période d’examen, elle nous reçoit dans son petit appartement de 18m2. Comme de nombreux étudiants en France, elle passe la plupart de son temps à réviser et à rendre des travaux scolaires, entre ses quatre murs. Une ambiance de travail pas vraiment idéale. « Je suis dans un studio à faire mes cours au même endroit où je mange, je dors où d’habitude je me détends, ca m’aide vraiment pas à me motiver.« 

Une situation à laquelle s’ajoute la surcharge de travail. En effet, pour pallier les cours en présentiel, certains professeurs donnent plus de travaux à rendre, afin de prévenir le décrochage scolaire. Une surplus qui rallonge les journées des étudiants, en plus des matières où ils doivent travailler plus, en raison de cours moins adaptés.

Cette situation provisoire devrait pourtant s’éterniser au moins, juqsu’en février. La rentrée des étudiants sera réservée lundi prochain aux étudiants en première année uniquement pour les TD en demi-groupe. « C’est bien, ca va les accompagner parce que c’est un peu compliqué, ils sortent du lycée, il leur faut un accompagnement pédagogique mais les autres, il nous a un peu laissé de côté. » confie Priscillia, étudiante à Jean-Jaurès, à propos du annonces de Jean-Castex.

D’ici là, l’université devrait apporter une réponse à la précarité psychologique des étudiants. Une réponse qui ne pourra cependant pas garantir un retour à la normale. Concernant la reprise des cours sur le campus, les étudiants devront une nouvelle fois rester dans l’attente.

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