Alors que le nombre de femmes battues augmente depuis le début du confinement, une multitude d’initiatives ont été adoptées pour leur venir en aide.

VIOLENCES CONJUGALES – Qui dit risques supplémentaires dit mesures supplémentaires pour le gouvernement. Lors de la première semaine de confinement, le nombre de violences conjugales a augmenté. Pour lutter contre ce phénomène l’Etat a décidé de mettre en place de nouvelles mesures pour aider les victimes en cette période de confinement due au coronavirus.

Ce jeudi 26 avril sur France 2, le ministre de l’Intérieur s’est exprimé sur le sujet. “En une semaine, il y a une hausse de 36 % des violences conjugales dans la zone de préfecture de police de Paris”. Un problème que le gouvernement avait prédit, mais il ne s’était pas préparé à une augmentation aussi forte. Il a donc décidé de prendre des mesures inédites pendant ce confinement.

Il était urgent de mettre en place ces mesures le plus rapidement possible, car comme l’a fait remarqué Marlène Schiappa, sur Europe 1 ce vendredi 29 mars, le numéro d’appel 3919* dédié aux victimes reçoit nettement moins d’appels depuis le début du confinement. “ Car il est difficile de téléphoner quand on est enfermé avec l’agresseur”, a expliqué la secrétaire d’Etat dans la même interview .

Des dispositifs d’alertes dans les pharmacies

Ce jeudi 26 avril, Christophe Castaner a expliqué qu’un service, dans toutes  les pharmacies de France, allait être mis en place en collaboration étroite avec l’Ordre national des pharmaciens. Ce dispositif sert et servira à prévenir les forces de l’ordre si une victime témoigne à sa pharmacie.  “Au moment où la femme battue se rend sans son mari dans une pharmacie pour aller chercher des médicaments, il faut qu’elle puisse donner l’alerte”, a argumenté le Premier Ministre.

“On nous a envoyé un dossier avec les numéros a appelé ainsi que des documents à remettre aux potentielles victimes”, a confié une pharmacienne travaillant Boulevard Grenelle dans le 15ème arrondissement de Paris au 24 heures. “Les victimes peuvent dès aujourd’hui s’adresser à leurs pharmaciens, mais je ne sais pas si cela va être utile, car si la personne se déplace à la pharmacie, elle peut également aller au commissariat. Nous, nous sommes juste des relais, dès qu’on nous prévient on va appeler directement les policiers, nous ne faisons rien de plus”, avoue la professionnelle de santé sceptique sur la mesure.

Des points d’accompagnement dans les centres commerciaux

Pour remplacer les infrastructures spécialisées dans l’accueil de personnes battues, fermées à cause de la pandémie, le gouvernement a décidé de mettre en place des points d’accompagnement dans les centres commerciaux. « La plupart des lieux qui accueillaient les femmes victimes de violences sont fermés à cause du confinement. Il était donc primordial de trouver une solution pour remédier à ce manque », a expliqué au 24 heures Franck Bénéï, membre de la direction de la Fédération Nationale des Centres Nationaux d’Information sur les droits des Femmes et des Familles (CIDFF).

« Ces points d’accompagnement se situent dans certaines galeries marchande comme à Villeneuve d’Asque près de Lille. Elles ont la superficie d’une boutique classique, mais à l’intérieur il y a un espace d’accueil pour les victimes ainsi qu’une aire de jeux pour leurs enfants ».

Toutes les galeries marchandes ne sont pas équipées de ces points d’accompagnement, mais de nouveaux ouvrent tous les jours.

« Il est très difficile pour les personne victimes de violences au sein du couple d’obtenir des informations en période de confinement, puisqu’elle sont 24/24 avec leur conjoint. Avec ces points d’accompagnement, tout à était fait pour qu’il n’y ait pas de rupture d’écoute », explique Franck Bénéï.

Pour rappel, le numéro d’écoute concernant les violences au sein du couple est le 39 19. « Ce n’est pas un numéro d’urgence », précise le membre de la FNCIDFF. « On va vous guider vers une association compétente. Pour toutes situations d’urgence, il faut composer le 17 pour joindre la Police ou la Gendarmerie ».

D’autres mesures sont mises en place

La Mairie de Paris a annoncé la mise en place de mesures d’urgences, comme la mise à dispositions de logements sociaux pour les victimes de violences au sein du couple. Selon Le Parisien, la Mairie de la Capitale a annoncé avoir listé dix logements sociaux pour les femmes qui souhaiteraient quitter leur domicile, après avoir porté plainte par exemple.

De plus, les services ont été fortement mobilisés dans le but « de prévenir tout féminicide », comme l’a annoncée Hélène Bidard, l’adjointe chargée de l’égalité femmes-hommes à la Mairie de Paris.

Les avocats parisiens sont également mobilisés. Depuis le jeudi 26 mars, les avocats du barreau de Paris proposent des consultations juridiques sur leur site internet et des permanences téléphoniques gratuites. Ils sont joignables au 01 44 32 49 01, du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30, puis de 14h à 17h. Une initiative aussi belle qu’utile de la part de ces avocats.

Contre les violences sur les enfants, le 119

Les violences au sein d’un foyer, ne sont pas uniquement conjugales. En moyenne, depuis 2006, le nombre d’enfant tués chaque année sous les coups de leurs parents s’élève à 72, d’après un rapport élaboré par les inspections générales des affaires sociales. Un constat dramatique que le confinement ne devrait pas améliorer.

Une cause que le gouvernement n’oublie pas. Ce dernier a voulu sensibiliser le plus grand nombre grâce à une vidéo préventive, à découvrir ci-dessous.