Les 19 février et 22 mars, l’office du tourisme de Toulouse proposera une visite guidée inédite. Les curieux et touristes auront l’occasion d’y découvrir une multitude de graffitis d’artistes urbains, souvent méconnus du grand public.

« Le graff’, c’est la rue », Akim, la trentaine, pèse ses mots. Le côté illégal de ses graffitis, il le revendique fièrement. Ce jeune père de famille fait partie d’un collectif de graffeurs hyper actifs dans la ville rose. Il connaît les moindres recoins de Toulouse potentiellement « graffables ». Des murs de Saint-Pierre aux barrières qui surplombent le périphérique, peu nombreuses sont les façades dénudées qui ont échappé aux bombes de peinture de son collectif. Ces graffitis, il les qualifie lui-même « comme condamnés à être éphémères ». En effet, rares sont les murs peints qui ne sont pas recouverts par les services de la mairie. Cette initiative de visite guidée l’a tout de suite séduit : « ça va permettre de faire comprendre aux gens qu’on est pas des voyous, on cherche juste à nous exprimer par l’intermédiaire d’un support qui certes, est la propriété de la Ville, mais qui mérite de faire passer des messages, ou de beaux visuels ».

Toulouse, berceau du graffiti en France

À la fin des années 80, ce mode d’expression inspiré de la culture hip-hop new yorkaise commence à s’exporter outre atlantique, et la ville de Toulouse s’est peu à peu muée en catalyseur d’une art underground qui attirait déjà les jeunes de tout horizons. Les grapheurs Mosquito, Tilt, Tober, Cee-T et Fastoche font figure de précurseurs du mouvement dans la ville rose. Ce sont les premiers à avoir joué au chat et à la souris avec la municipalité dans les rues d’Arnaud Bernard, un des terrains de jeu favoris des artistes à cette époque. Le quartier a notamment vu naître Truskool, un collectif artistique des années 1990 qui a eu coutume d’user de la peinture à la bombe sur les murs désaffectés de la manufacture des tabacs.

En mettant en place des espaces dédiés aux graffeurs, la ville de Toulouse est devenue au fil des années un immense terrain d’exposition pour les oeuvres éphémères ou déclarées. Récemment, des multinationales et des hôtels de la ville ont même fait appel à des artistes urbains pour donner une nouvelle image à leurs façades. Parmi elles, le Mac Donald de Wilson s’est refait une beauté grâce aux jets de peinture du graffeur toulousain Mondé.

Les 19 février et 22 mars prochains, les touristes et curieux auront la possibilité de découvrir cet art moderne de pointe souvent mal interprété par le grand public avec une visite guidée de deux heures.