Ferons nous bientôt nos courses médicales sur les sites de ventes en ligne ? C’est en tout cas en cela que consiste le projet de loi présenté en conseil des ministres, ce mercredi.

Seul les médicaments disponibles sans ordonnance seraient concernés par la vente en ligne. Outre cela, le projet de loi, nommé « Asap » (Accélération simplification de l’action publique), prévoit d’autoriser le stockage de ces médicaments hors de pharmacies.

Un mauvais accueil de la profession

Dans une lettre adressée à Agnès Buzyn, Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, clame son désaccord avec ce projet de loi.

« Ce n’est pas le principe de la vente en ligne qui pose problème, mais ce texte de simplification ne simplifie rien du tout […] Il n’apporte aucune garantie de sécurité, par exemple sur l’usage des données personnelles. Et le pharmacien travaillant dans une plateforme de vente en ligne? On ne sait pas s’il devra toujours être rattaché à une officine physique, en dur. Nous sommes très inquiets. J’ai demandé le retrait du texte »

Mais la présidente de l’Odre n’est pas la seule à pester contre le projet de loi. Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, confiait au Parisien voir dans ce texte une « ubérisation de la pharmacie ». L’homme a même envoyé un questionnaire aux 25 000 pharmaciens de France pour les sonder sur le sujet. Sur les 4200 réponses qu’il avait reçues trois jours plus tard, plus de 90 % étaient hostiles au projet de loi.

C’est après une recommandation de l’Autorité de la concurrence à ce sujet que le gouvernement avait commencé à plancher sur ce projet de loi. L’organisme recommendait même d’ouvrir les médicaments à la vente en grande surface. Au États-Unis, le système de vente en ligne de médicament existe déjà sous le nom d’Amazon Pharmacy.