Une nouvelle saison a démarré pour les Ours de Toulouse, le président Arnaud Montgenie nous présente le club de foot américain de la Ville rose et nous parle de la saison à venir.

Arnaud, est-ce vous pouvez nous présenter le club ? 

Le club des Ours est trentenaire, nous avons environ 300 licenciés répartis sur deux disciplines, le foot américain et le flag (un dérivé du foot américain, sans plaquage, NDLR). La majorité des licenciés sont des jeunes, des moins de 14 aux seniors. La formation est justement l’un des piliers sur lequel on compte pour construire et alimenter nos deux équipes seniors. L’une au niveau régional et l’autre en deuxième division française.

Pourquoi les « Ours » ?

Les « OURS » des Pyrénées tout simplement.

Comment s’organise la formation ?

On a 150 jeunes, répartis sur trois équipes. Une grande partie d’entre eux sont en U19, la catégorie juste avant les seniors. Nous sommes très fiers de ça et on essaye de faire grossir chaque année le contingent. Chez les plus jeunes, entre 10 et 14 ans, on leur apprend les bases, mais sans contact. 

Le contact, c’est l’une des caractéristiques du foot US. Comment fait-on avec les enfants ?

On mixe le foot américain et le flag qui est du football américain, mais sans contact. C’est un jeu rapide, basé, essentiellement, sur la passe, avec très peu de courses. Les règles sont similaires, ils ont 4 tentatives pour avancer et on simule le plaquage par le fait d’enlever des bandes de tissus autour de la taille de son adversaire. Ce sont des règles mises en place par la fédération pour les moins de 14 ans. Cela permet de leur donner envie de jouer, parce qu’ils sont habillés comme les grands avec le casque et les protections. C’est une manière pour eux de s’habituer aux équipements tout en travaillant les déplacements.

Est-ce que le foot US se développe ?

Oui bien sûr, chaque année nous avons plus de licenciés. On essaie de faire parler de nous. L’an dernier, le fait d’avoir était promu en première division puis finalement non, cela a permis de faire parler de nous. Cette année l’équipe seniors bénéficie d’un transfert international avec un canadien. Le foot US est un petit monde en France et en Europe donc cela se sait rapidement.

Qu’est-ce qu’elle représente justement cette discipline ?

En France, c’est quelque chose comme 20 000 licenciés (23 000 en 2016 selon la fédération), ce n’est pas énorme. Chez nous, c’est amateur. Il y a quelques pays d’Europe où la pratique est plus développée qu’en France. On peut citer, par exemple, l’Autriche ou l’Allemagne. Ces pays ont une médiatisation plus conséquente qui leur permet de se développer, même si cela reste un sport confidentiel en Europe. Au niveau des équipes nationales, la France est championne d’Europe en titre. Mais habituellement, c’est plutôt l’Allemagne.
Nous en Occitanie, on a le rugby qui nous fait concurrence. Notamment avec les meilleurs athlètes, le jeune ira plus facilement au rugby car il ira où on lui dira qu’il a le plus de chance de faire carrière.

C’est 100 % amateur ?

Ah oui 100 %, les seules personnes qui sont payées, ce sont les entraîneurs et les directeurs sportifs parfois.
En Europe, la situation est similaire. En Allemagne ou en Autriche, certains joueurs arrêtent toute activité professionnelle. Ils se consacrent au football, le temps de la saison qui dure 4 mois.

Pour revenir à Toulouse, il y a eu une montée avortée pour les Ours l’année dernière est-ce que cet épisode est digéré ? Où en est-on ?

On a un compromis avec la fédération, on accepte de rester en deuxième division. A cause de la lenteur administrative, notre montée aurait posé des soucis d’organisation au niveau du calendrier. On a donc fait le choix d’accepter d’être « relégué ». Je choisis mes mots (sourire).

Il y a un sentiment de revanche ?

Non pas du tout, pour n’importe quel championnat les joueurs et le club se préparent de la même manière. C’est une histoire terminée et la revanche n’apporte pas grand-chose dans la vie. C’est comme ça. Administrativement, on avait notre place en D1, l’année prochaine ça sera aussi le cas. S’il faut qu’on la justifie sur le terrain, on fera tout pour le faire.

Justement, c’est l’objectif ?

On est un club où on raisonne match par match. Je ne sais presque pas contre qui on joue les weekend à venir. Il n’y a pas de discours pour dire : « Il faut monter ».

Cette saison vous, la voyez comment ?

Bien entendu, on veut performer !

Il y a eu des changements pour cela ?

Pour monter sportivement, il faut mettre en place des moyens techniques et sportifs. On voulait, par exemple, avoir un partenariat avec une salle de sport pour optimiser les séances de musculation. On a réussi à l’avoir cette année. On a aussi fait appel à un quarterback canadien (le quarterback est l’un des postes du foot us, NDLR), pour apporter plus d’expérience à ce poste clé. Cela donne un coup de boost à toute l’équipe, même si on ne construit pas tout autour d’un seul gars.

Enfin, quelle vocation a le club des Ours ? La formation ou être dans l’élite pour avoir les meilleurs joueurs ?

On a déjà une structure d’élite, on a des bureaux, un directeur sportif qui ne fait que ça et qui gère toute la partie sportive. On a aussi 5 ou 6 coachs par section, c’est beaucoup en France. On a une bonne structure, sûrement dans le Top 5 Français. En termes de licenciés, on est dans le Top 3. Mis à part des clubs parisiens qui bénéficient d’un gros bassin de population, il n’y a pas d’équivalent. Cela montre que l’on a un bon encadrement si personne ne part et que les jeunes restent avec nous. Je le répète, on a une structure d’élite. Sportivement ce n’est pas encore le cas, mais on le sera un jour et on travaille pour cela.