Cours de français, coiffeurs solidaires ou encore soutien psychologique, le pavillon Nanta de l’hôpital la Grave est depuis deux ans un lieu indispensable pour un public précaire. Le bâtiment, situé dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse accueille en effet le Droit au logement 31 (DAL 31) et le centre solidaire Abbé Pierre. Mais depuis la fin de l’année dernière, les grilles de l’entrée principale sont scellées  et interdites d’accès.

 “Interdites d’accès même aux personnes travaillant au sein des structures”, précise Nina Condeco, porte-parole du DAL 31. Officiellement c’est le CHU qui est responsable de cette fermeture. Elle est survenue après que des associations aient tenté de réquisitionner locaux. “Ils évoquent des questions de sécurité mais ça n’a rien à voir, parce que si des personnes veulent rentrer avec de mauvaises intentions elles peuvent le faire par les autres entrées” assure Nina Condeco.  

Un projet immobilier de grande ampleur 

“Quant aux associations, on ne faisait pas partie de celles qui ont tenté la réquisition mais faut les comprendre, on dit à des gens qui n’arrivent pas à trouver de locaux, que des espaces vont être vendus pour mettre des appartements de luxe”, explique la jeune femme. Par ces propos, elle fait référence au projet de destruction d’une partie des locaux, vendus par la mairie au promoteur immobilier Kaufman and Broad pour en faire des appartements de luxe.  

“Ca perturbe leurs habitudes”

Au delà du fait que ce projet va forcer le DAL et le centre Abbé Pierre à quitter les locaux, Nina Condeco tire la sonnette d’alarme sur les conséquences pour les bénéficiaires des associations.  “Depuis la fermeture de la grille ils viennent beaucoup moins. Ce sont des personnes en grande précarité qui aime avoir leurs habitudes”, déplore la porte-parole du DAL. Cette dernière reconnaît l’existence d’autres accès. “Mais les vigiles laissent entrer un peu qui ils veulent”.Après ce ne sont pas eux le problème ce sont les instructions du directeur du CHU”, précise-t-elle. (Ce dernier, sollicité n’a pas souhaité répondre à nos questions tout comme la mairie de Toulouse). 

Le DAL31 est actuellement en pleine négociations avec le CHU et la mairie pour retrouver des locaux avant son expulsion dont la date est toujours inconnue. En attendant, l’association a mis en ligne une pétition pour rouvrir l’entrée principale, et que les personnes en situation précaire puissent bénéficier de l’aide qu’elles méritent.