Soupçonné de corruption par le parquet national financier (PNF) français et ses équivalents britanniques et américains, Airbus ne peut pas répondre aux enquêteurs pour des raisons juridiques. L’avionneur européen aurait fait le choix de s’acquitter d’une lourde pénalité financière.

Trois milliards de dollars (2,72 milliards d’euros), c’est la somme que devrait dépenser Airbus pour mettre fin à des enquêtes sur une présumée corruption. C’est ce que révèle le Financial Times dans son édition du lundi 27 janvier 2020.

Le géant de l’aéronautique fait l’objet de plusieurs investigations sur ses ventes d’avions en ligne. Ce mardi 28 janvier, Airbus a annoncé un accord à l’amiable pour clore ces enquêtes.

250 agents rémunérés illégalement

Là où le bât blesse, c’est dans la manière de procéder. L’avionneur aurait eu recourt à des intermédiaires internationaux pour ces transactions. Selon les informations de Challenges et Reuters, avec ce système, Airbus aurait rémunéré environ 250 agents de manière illégale. Ces médias évoquent, également, des honoraires s’élevant à « plusieurs centaines de millions d’euros par an. »

De son côté, le groupe aéronautique explique que cette pratique n’est plus d’actualité depuis 2014. Toutefois, au lieu de se défendre auprès du PNF français et des instances similaires aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, Airbus fait le choix de ne pas répondre aux enquêteurs.

Selon nos confrères de Challenges, Airbus est contraint d’agir ainsi pour des raisons juridiques. En effet, certains des accords commerciaux en question n’ont pas été définitivement validés, les dévoiler pourraient les rendre caducs.

L’arrêt des investigations est une épine de moins dans l’aile du constructeur. Une épine à 3 milliards de dollars.