L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé, mercredi 22 janvier, que l’expérimentation du cannabis thérapeutique devrait débuter en septembre en France.

« J’ai des douleurs à cause de ma sclérose en plaques. C’est dur, pénible et les médicaments ne marchent pas. » Pascal Douek est médecin. Il est atteint de sclérose en plaques, diagnostiqué il y a huit ans. Sa maladie s’est aggravée ces trois dernières années. Pour lui, cette expérimentation est une très bonne chose : « À titre personnel, je souhaite faire partie de ces 3 000 patients qui expérimenteront le cannabis thérapeutique. Ce n’est pas uniquement le fait d’avoir accès a du cannabis, c’est le fait d’avoir accès à des variétés totalement adaptées à ma maladie ». En effet, les patients auront des traitements différents en fonction de leur cas.

Ainsi, l’épileptique n’aura pas la même variété de cannabis qu’un sclérosé en plaques ou que le patient atteint d’un cancer. De plus, ils n’auront pas non plus la même dose prescrite.

Sous forme de fleurs séchées ou bien d’huiles, les médecins pourront choisir la dose de cannabis, que ce soit grâce à une balance pour la première, ou de gouttes pour la seconde. Même avis favorable pour Geneviève Esteve, psychothérapeute et psychologue à Toulouse : « Il y a urgence que l’on s’occupe de la douleur physique, que l’on la soulage. Il n’y a pas de réponse suffisante aujourd’hui et ça atteint le système neurologique. »

Geneviève Esteve, psychothérapeute à Toulouse, estime qu’il n’existe pas à ce jour de réponse suffisante aux douleurs physiques. (Crédit : Camille Moretti)

Combattre les stéréotypes

Pour Pascal Douek, la difficulté se trouve dans l’image que la plante renvoie aux professionnels de santé : « La majorité des médecins ne voit que la substance addictive. Il faut qu’on fasse évoluer l’image d’une drogue vers celle d’un médicament ».

Si cette « drogue douce » est l’une des substances les moins addictives dans le rayon des drogues, les « anti-cannabis thérapeutique » rappellent que des consommateurs peuvent éprouver une dépendance physique et psychologique vis-à-vis de cette dernière. Mais lorsqu’il s’agit d’un traitement médical, « l’addiction » n’a pas sa place selon la thérapeute : « Une addiction va contre la vie. Si on prend un médicament pour ne plus souffrir, il y a un bienfait. Ce n’est pas le mot addiction qu’il faudrait utiliser, mais celui de nécessité, c’est une dépendance pour survivre ». De plus, cette dernière rappelle que la dépendance aux médicaments existe également. Quant au médecin et sclérosé en plaques, il explique qu’il est « important d’améliorer le bien-être des patients. On ne parle pas de jeunes qui le prennent pour se défoncer, ça dépend par où on regarde le cannabis, par rapport à des malades la priorité c’est le soulagement, ce sont des gens qui souffrent. »