Dans la cohorte des mobilisations contre la réforme des retraites, on les aperçoit souvent en petit groupe, munis de pancartes discrètes. Les enseignants n’auront pas été épargnés par le gouvernement d’Edouard Philippe. Après l’annonce de la réforme Blanquer en 2019 (qui prévoit de remplacer le baccalauréat par un contrôle continu), ils ne savent toujours pas réellement à quelle sauce ils seront mangés avec la fin du système de retraites par points.

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, éponyme de la réforme controversée entrée en application le lundi 6 janvier, a commencé lundi à recevoir les syndicats d’enseignants pour les négociations sur la revalorisation des salaires, en lien avec la réforme des retraites. Pas de quoi contenir la colère de Laurie, enseignante au lycée Berthelot à Toulouse : « Une revalorisation des salaires, et pour quelles contreparties ? C’est une nouvelle mesure qui veut juste nous faire tourner la tête. On avance dans le concret que trop doucement ».

Des enseignantes du lycée Berthelot pendant la manifestation contre la réforme des retraites du 13 janvier.

« La grève est peu suivie par les enseignants, mais notre colère reste forte », dénonce Laurie. Dans les lycées, les inquiétudes concernant le nouveau calcul des retraites sont venues se greffer à un motif plus terre à terre. Des appels à boycotter les nouvelles épreuves de contrôle continu ont été passés dans plusieurs établissements.

Ce matin, en marge de la mobilisation contre la réforme des retraites, une poignée d’enseignants a manifesté, munie de pancartes « stop E3C » en référence au nouveau système de contrôle continu qui remplace le bac. Ils répondaient à un appel du « SNES », le syndicat national des enseignements du second degré, qui réclame un blocage des épreuves.