Dès ce lundi, les avocats se mettent en grève à Toulouse pour contester la réforme des retraites. Un mouvement national prolongé jusqu’à vendredi.

“Voter une semaine de grève c’est vraiment historique dans la profession. On se sent vraiment en danger, légitimement en danger.” Ce sont les mots de Jean-Marc Lacoste, avocat au barreau de Toulouse et président d’honneur de l’Union des Jeunes Avocats (UJA) de Toulouse. À l’appel de la Confédération Nationale des Avocats (CNA) et du Conseil National des Barraux (CNB), les avocats entrent en grève dans toute la France. Une “grève dure” puisqu’une semaine est d’ores et déjà annoncée. À Toulouse, les robes noires n’assurent pas les comparutions immédiates et l’ordre des avocats ne désigne pas d’avocats commis d’office.

En ligne de mire : l’augmentation des cotisations de retraite. Le passage au régime universel entraînerait un doublement des cotisations de 14 à 28 % pour ceux qui gagnent moins de 41 000 euros par an. “Les petites structures, celles qui assurent l’essentiel de l’aide juridictionnelle et donc de l’accès au droit, ne pourront plus survivre économiquement” explique le président de l’UJA. 

L’intégration de leur profession au régime de retraite universel est aussi dénoncée : “la perte de ce régime autonome instaurerait une situation inégalitaire entre les confrères et consoeurs que justement nous nous sommes évités” ajoute Jean-Marc Lacoste. 

Si pour beaucoup des professions en grève l’âge pivot pose problème, les avocats ne sont pas concernés en première ligne puisqu’ils partent en moyenne à la retraite à l’âge de 67 ans.

Jean-Marc Lacoste, avocat au barreau de Toulouse et président d’honneur de l’Union des Jeunes Avocats (UJA) de Toulouse. Crédit : CM

Non au doublement des cotisations

L’objectif de cette grève : se faire entendre. Malgré les courriers envoyés, la Confédération Nationale des Avocats et le Conseil National des Barraux n’ont pas reçu de réponse de la part du gouvernement. “On nous dit qu’il y a concertation, mais ça n’existe pas, il n’y a pas de négociation. On n’est jamais reçus, on n’est pas vus comme existants par ceux qui sont en train d’organiser et de réformer. “ affirme Jean-Marc Lacoste.

Si les avocats sont prêts à discuter, une réponse est inévitable pour l’avocat des barreaux : la suppression du doublement des cotisations : “si on nous parle de doublement des cotisations, la réponse est non, on ne fera pas de concessions.  Le seuil de 28% si on l’applique, c’est une mort économique”. Une problématique qu’il faut lier avec une autre pour ce dernier : celle des petites structures et des collaborateurs, qui assurent l’essentiel de l’accès au soin et à l’aide juridictionnelle.