L’été plus que jamais, Toulouse propose de très nombreuses festivités à ses habitants. Concerts en villes, bars à ciel ouvert ou encore grands espaces libres, tous ces lieux provoquent la colère d’une population : les résidents limitrophes lassés des nuisances sonores. Existe-t-il d’autres solutions que l’appel au 17 ?

S’il y a un moment qu’ils attendaient, c’est bien celui-ci. Assis en terrasse du très célèbre Chez Tonton de la Place Saint-Pierre, Anthony Léa et Robin ne vivaient plus que « pour cette bière fraîche d’après les cours ». Températures records, grand soleil et vacances à l’horizon, les Toulousains l’ont vite compris : l’été est là.

« Quoi de mieux avec cette chaleur que d’aller boire un coup dehors avant de décaler en boîte ? ».

A l’image d’une grande partie des 114 000 étudiants de la Ville Rose, ils vont profiter des semaines à venir pour vivre leurs vies nocturnes sans jamais se préoccuper d’un phénomène pourtant aggravé dans cette période : les nuisances sonores.

« Chez nous on peut pas trop faire de bordel passé 22h sinon on a les voisins qui débarquent, mais l’été on s’en fout parce-qu’il fait bon dehors même le soir et la rue, elle est à tout le monde … « 

Terrasses ouvertes jusqu’à deux heures du matin ou encore coins fumeurs extérieurs, ces installations surpeuplées pendant la période estivale ont eu raison de Mireille il y’a quelques années, alors résidente de la Rue Gabriel Péri.

Compréhensive mais épuisée, cette quarantenaire a finalement abandonné son quartier, classé comme étant le plus bruyant de la ville par le collectif Droit au Sommeil Toulouse, une page communautaire qui rassemble des habitants de la Ville Rose lassés des festivités étudiantes.   

Les nuisances sonores sont réparties en trois zones clairement identifiables à Toulouse :

  • Le centre ville historique qui va de la fameuse Place Saint-Pierre qui regroupe 5 bars en quelques dizaines de mètres jusqu’à la Place du Capitole en passant par le Quai de la Daurade
  • Le quartier de Jean Jaurès et notamment les alentours de la Rue Gabriel Péri qui abrite de nombreuses boîtes de nuit (Le Snapper Rock, l’Ibar, le Connexion Live, le Nimp’ …)
  • L’autre côté de la Rue de Metz et notamment la Rue des Filatiers, célèbre pour ses dizaines de restaurants

Les solutions au vacarme

Pour rétablir une tranquillité publique, une Commission communale des débits de boissons (CCDB) a été crée par la municipalité en 2016. En cas d’échec d’une solution dites « diplomatique », elle peut émettre des arrêtés municipaux aux enseignes qui ne respectent pas certaines réglementations.

En 2017,  Le Café populaire, Le Loft, Le Ça va aller, Le Filochard ainsi que l’épicerie de nuit Le Ntem avaient été contraints de fermer à 22h au lieu de 2h du matin pendant huit jours.
Susceptible d’être sur la short list de la CCDB, le Délirium Café de Toulouse installé sur les Allées Jean Jaurès n’a pas voulu s’exprimer quant à la récente fermeture de son étage et d’un patio extérieur.   

 

 

 

Très récemment, le 14 juin, la municipalité a voté la création d’un Conseil de la Nuit pour
« permettre une meilleure cohabitation entre la ville qui dort, celle qui s’amuse et celle qui travaille ». 

Cette initiative qui semble être un pas de plus effectué face aux nuisances sonores n’est en réalité qu’un outil politique pour Gérard Couvert, fondateur de Bien Vivre à Toulouse Centre, une association créée en juillet 2014 par des habitants du centre-ville qui se disent « exaspérés par la violation des réglementations locales et nationales en tout genres, dont ils sont les premières victimes ».

En plus de ces démarches, une ligne téléphonique est mise en place par la mairie.
Allo Toulouse s’occupe de réceptionner les appels liés à des problèmes d’incivilités, de voirie ou encore de propreté. Ainsi le centre d’appel s’occupe d’envoyer le service approprié au demandeur (police, service technique etc) avec un suivi personnalisé.