Le personnel est à bout, exténué par le manque de personnel. Malgré les nombreuses sollicitations de la direction du CHU de Toulouse restées sans réponses, la situation stagne.

Depuis ces derniers mois, la réaction des salariés du CHU de Toulouse s’est faite de plus en plus virulente face à la direction de l’hôpital. La CGT, syndicat majoritaire au sein de l’établissement, au côté de SUD continuent de lutter contre les mesures prises par la direction de l’établissement. Au programme, des « pique-niques de la colère » sont organisés devant l’hôpital des enfants, ou encore en centre-ville devant l’Hôtel-Dieu. Ce dernier s’accompagne d’une pétition intitulée « pour un hôpital sans sous-effectif », qui comprend neuf revendications. On note ainsi la présence du « maintien de l’effectif du plan hivernal », ou encore, l’embauche de saisonniers estivaux, pour permettre le départ en vacances du personnel, ou tout simplement « pour combler le sous-effectif structurel ». L’ensemble des mesures favorisent la coordination au sein de l’établissement, ainsi que l’allègement de la charge de travail pour le personnel hospitalier.

En effet, l’ensemble des grévistes dénoncent la rentabilisation de l’établissement, qui se fait au détriment des soins apportés aux patients, et des conditions de travail des employés. Selon les deux syndicats présents dans cette lutte, il manquerait au CHU 1500 postes dont, 700, pour mettre fin au sous-effectif structurel, tandis que les 800 postes restants seraient destinés à créer de nouvelles places pour « satisfaire les besoins de la population toulousaine ».  Ainsi, face à la colère grandissante, le mouvement des « blouses blanches » s’est créé, le jeudi 21 février 2019. Le personnel a notamment manifesté dans les rues le jeudi suivant, avant d’être délogé par la police. Ambulanciers, personnels des urgences, ainsi que des urgences psychiatriques ont protesté ensemble, face à l’inaction de la direction.

Vers un désamorçage du conflit ?

Ce jeudi 04 avril a eu lieu la dernière réunion de négociation, dans la cadre du préavis de grève du service psychiatrique, déposé conjointement par la CGT et SUD. Lors de cet échange, la direction a pris des mesures qui semblent convaincre les syndicalistes.  En effet, on note notamment la création de deux postes d’infirmiers supplémentaires sur le service, de six agents contractuels, ainsi que des travaux d’amélioration du service. D’après el communiqué de presse de la CGT, cette avancée représente « la victoire de professionnels déterminés à défendre leurs patients et leurs conditions de travail dignes pour le bien-être de toutes et de tous ». Cette victoire prend une ampleur tout autre puisqu’elle constitue l’une des premières des syndicats, effectuée par négociation, en accord avec la direction.

En effet, cette dernière s’est longtemps vu reprocher son manque de considération pour les revendications des salariés, voire son hostilité. Si la nouvelle tête de l’établissement, Marc Pénaud, est arrivé depuis juillet 2018, les syndicats continuaient à dénoncer l’inaction de la hiérarchie.