L’escalade est une pratique et même un sport qui consiste à gravir une paroi ou un mur à l’aide d’équipements spécifiques. Depuis plusieurs siècles, les gens utilisent ce moyen pour gravir des montagnes ou des endroits hauts perchés. Mais la pratique de « la grimpe » est devenue un sport à part entière avec des compétitions internationales spectaculaires.

Une famille s’apprête à faire de l’escalade sur les falaises des Calanques de Cassis. (Crédit Photo: B.R)

En France, ce sport n’est pas médiatisé et pourtant il est en progression constante. Avec 1 014 clubs à travers le pays et 86 816 licenciés en 2016, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade connaît un fort développement depuis des années. Ce sport était peu connu du grand public il y a quelques années et depuis l’annonce de sa présence comme sport olympique aux JO 2024, il se démocratise. L’escalade a plusieurs facettes et plusieurs pratiques. Pour commencer, il y a l’escalade pratiquée en salle et celle pratiquée en falaise. Dans la pratique standard dite « libre », la personne utilise la force physique pour grimper et gravir ce qui est devant elle. Les chaussons d’escalade et la magnésie sont les seuls « équipements » nécessaire. Ensuite, il existe la pratique dite « artificielle », dans laquelle les personnes possèdent tous les équipements nécessaires pour être en totale sécurité (casques, baudriers, chaussures, cordes …). Cette pratique les prive parfois d’adrénaline mais la plupart du temps il y a autant de plaisir avec un baudrier et une corde que sans rien. Plusieurs dérivés sont ensuite nés au fil des années, comme la pratique sur bloc, la pratique en solo sur une montagne avec le vide derrière soi ou en solo intégral (c’est-à-dire sans équipement). 

Ce sport est qualifié de spectaculaire par ces pratiquants mais surtout procure du plaisir et des sensations fortes. Pendant que certains aiment garder les pieds sur terre, les grimpeurs aiment avoir les pieds dans le vide, la tête dans les nuages et la sensation de liberté avec ou sans assurance.

« Défi d’aller plus haut ou de franchir des dévers »

Romain un jeune étudiant à UT1 de Toulouse a commencé l’escalade à l’université. Pour lui au départ, ce sport lui a permis de continuer à pratiquer une activité après une blessure qui l’a contraint d’arrêter le rugby. L’escalade a toujours été dans sa tête mais il n’avait jamais franchi le pas avant cette année. Et, il avoue : « J’ai bien aimé le défi d’aller plus haut ou de franchir des dévers. Ça m’apporte une sorte d’accomplissement dans un sport très complet. » Dans son université, la pratique se fait sur piste ; « ce n’est pas dangereux, enfin si tu as confiance en la personne qui t’assure. » Lorsque Romain rentre dans le gymnase il se sent tout de suite dans son élément, il ressent cet esprit de « surpassement ». Dès qu’il enfile son baudrier, il oublie tout autour de lui et n’a qu’une seule envie: grimper, s’amuser, trouver cette liberté. 

« L’escalade une philosophie de vie, une façon de penser»

Samuel en pleine pratique de l’escalade dans sa salle de Quint Fonsegrives. (Crédit Photo: B.R)

Samuel étudie actuellement les sciences appliquées à l’université Paul Sabatier. Mais ce qui le passionne depuis l’âge de sept ans c’est l’escalade.  Il a tout d’abord essayé ce sport dans une salle multisport et à tout de suite accroché et ne l’a plus lâché. « Étant enfant l’envie de grimper était plus forte que tout et plus j’ai grandi, plus j’ai progressé dans le sport en lui-même. » Selon lui, c’est clair que ce sport est « un surpassement permanent » que ce soit en salle, devant une paroi artificielle ou même en falaise. Cette dernière est son prochain objectif ; « cette pratique procure le maximum de sensations ». Il raconte d’ailleurs son expérience dans les gorges du Verdon avec des étoiles dans les yeux : « Lorsque j’ai grimpé dans le Verdon, une falaise de 300 mètres, les sensations étaient très fortes dues au vide en dessous puis au vent remontant la falaise qui donne l’impression d’être plongé dans un autre monde. Lorsque l’on est sur une falaise, l’impression d’être seul au monde, l’ambiance très calme permettent de se recentrer sur soi. » Samuel a ensuite voulu s’exprimer sur la sécurité dans ce sport qui est une partie essentielle à ses yeux. C’est la première chose qu’il a apprise en pratiquant ; « savoir faire un bon nœud, savoir assurer son binôme ». D’après lui, ce n’est pas un sport dangereux, loin de là et la sécurité va de pair avec la confiance.

La saison de coupe du monde 2019 vient de commencer à Meiringen en Suisse et va se poursuivre avec cinq autres étapes, en Russie, en Chine, en Allemagne et la dernière aux États-Unis. Pour suivre cette saison, c’est sur internet que ça se passe, l’escalade n’est pas encore retransmise. Pour voir de l’escalade sur vos écrans de télévisions, il faudra attendre les JO 2024.

Bastien Rodrigues