Depuis plusieurs années, les travaux font rage un peu partout dans Toulouse. La place Saint Sernin ne fait pas exception à la règle. En travaux depuis janvier 2017, on observe un véritable chantier qui vise à embellir le lieu afin de mettre en valeur le patrimoine culturel de Toulouse. Un projet qui illustre que toute peine mérite salaire.

Camions de chantier et blocs de ciments déviants le passage, les panneaux et la poussière comme visuel : c’est sur un fond de bruit assourdissant que quelques touristes viennent visiter la Basilique de Saint Sernin. Dans quelques mois, elle sera entourée par une grande place coupée par plusieurs arbres, des espaces verts et une fontaine. De quoi magnifier la ville rose. Selon Katarzyna Jaros, qui travaille à Toulouse Patrimoine d’Avenir, l’objectif est en grande partie touristique. Les piétons seront plus en sécurité sans la circulation routière et les espaces verts seront agrandis : tout cela contribue selon elle à « aérer les anciens bâtiments comme la basilique ».

Des lycéens optimistes

Assis sur des bancs sous un soleil réconfortant, les étudiants du lycée Saint Sernin peuvent justement observer le bâtiment imposant. « Le rendu final : je pense que ça sera cool » affirme Lehan Carpin, lycéen de seconde, en souriant face au chantier. « Ce qui est embêtant, c’est la poussière qui émane des travaux [et que] ça avance un peu lentement » ne nie-t-il cependant pas.

A quelques mètres de lui, Lilianna Babaev, lycéenne de 18 ans, s’accommode des nuisances sonores : « on était en cours ici avec notre prof de Français et on était obligé de fermer les fenêtres parce qu’il y avait du bruit, mais en soi, ça ne nous dérangeait pas ». Assise en face d’elle, son amie Matilde Baxter relativise également : « c’est un mal pour un bien je pense : il y a du bruit mais on peut faire avec ». La jeune femme de 17 ans est en effet très enthousiaste quant au futur projet : « ça va certainement être un bon attrait pour le tourisme » et « c’est cool de faire bouger la ville ». « C’est très chouette de refaire toute la place, […] ça va être absolument spectaculaire » finis-t-elle par conclure.

Les travaux de la place Saint Sernin vus depuis les portes du lycée – Lauriane Pelao

De l’inquiétude pour les gérants de cafés

Si les lycéens ne semblent pas affectés par les travaux, c’est le cas de Vincent Conté, gérant du salon de thé Les Gourmands de Saint Sernin. « Le bruit, l’odeur et le fait qu’on n’aura pas de terrasse au printemps, c’est compliqué pour nous » avoue-t-il tout en cuisinant pour ses fidèles clients. Il ajoute : « pas de terrasse pour nous c’est moitié moins de chiffre » c’est pourquoi l’homme de 33 ans regrette « qu’il n’y ait pas de dédommagement s’il y a une baisse de chiffre d’affaires pendant les travaux ». Toutefois, il reste content qu’un tel projet soit réalisé : « quand ça sera finis ça sera génial ; on aura une grande terrasse, ça sera piéton, il n’y aura pas de voiture donc c’est une bonne chose ».

Une période compliquée aussi pour Le Café de Saint Sernin dont le manager Galien Chevrel déplore un changement radical depuis que les travaux sont juste en face de son lieu de travail. « Depuis un mois on est vraiment impacté » confie-t-il presque en murmurant. Depuis le comptoir, il montre du doigt les travaux qui bloquent l’entrée de sa terrasse : « on a les barrières en plein milieu ». En attendant que les travaux qui « trainent un peu » se finissent, l’homme rêve du résultat : « on a hâte que ce soit terminé : on aura une terrasse de plain-pied, on pourra peut-être même s’étendre un peu plus, on va voir ça avec la mairie ».

Constat des travaux place Saint Sernin Toulouse

Pour que la Métropole toulousaine soit revalorisée, il faut y mettre le prix. Sur l’un de ces sites majeurs comme la Place Saint Sernin, qui abrite tout un patrimoine culturel, il a fallu compter 15 millions d’euros et trois ans de travaux. Débutés en janvier 2017, ceux-ci se termineront en septembre 2019 et d’après Katarzyna Jaros, « le maire [Jean-Luc Moudenc] tient vraiment à ce que ça se termine […] à cette date-là ».