Les péniches, au Moyen-Âge, étaient destinées aux transports de marchandises. Elles se prolifèrent de plus en plus sur la Garonne. La multiplication des péniches aujourd’hui sont dans un but essentiellement commerciale et touristique. Des concerts, des agences événementielles, des chambres d’hôtes, des boutiques…les péniches se déclinent de différentes façons.

Dans le quartier des Amidonniers, à l’ombre des arbres, les berges qui mènent jusqu’à l’écluse de la Place Saint Pierre abritent le doux écoulement de l’eau. Un sentiment d’apaisement envahi tous les passants, les coureurs et ceux qui flânent au bord de l’eau. En ce début de mois d’avril, le vent frais fait frissonner le cou de certains promeneurs tandis que le soleil caresse leurs joues rosées par la fraîcheur du matin. De mystérieux bateaux le long du Canal de Brienne et du Canal du Midi surprennent la plupart des touristes qui visitent la Ville Rose. Le lieu est calme, presque silencieux malgré la nuisance sonore de la circulation. Le pont du Canal de Brienne, permet de lier la Garonne et le Canal du Midi. Un endroit stratégique pour les péniches de toute sortes qui amarrent près du centre-ville.

La péniche « La Maison de la violette »/Crédit: Manon Pitaud

Les étagères violettes, les peluches violettes, les tapis violets…Pas de doute c’est bien La Maison de La violette. A l’intérieur, les effluves de l’herbe de la Trinité picotent les narines. Les trois demoiselles de boutique en tenue aubergines s’empressent de donner des brochures aux clients. L’une d’elle, cheveux bruns bouclées se rapproche « cette péniche est classée patrimoine mondial par l’UNESCO. On a voulu créer un sanctuaire de la violette avec des produits en tout genre » explique Sarah Elen. Amarrée sur le Canal du Midi à côté du restaurant-croissière l’Occitania, la boutique monochrome ravit un groupe de touristes d’une quarantaine de personnes. Charles Augus et Philippe Mutin tous deux sexagénaires sont d’accord sur un point « La violette c’est un peu l’âme de Toulouse ». La péniche est devenue un lieu incontournable et atypique pour les touristes qui lient Toulouse à la violette.

L’Occitania, le bateau restaurant

A deux pas de la boutique phare, la façade vitrée de L’Occitania étonne plus d’un passant. Cette péniche multi-fonction est depuis une dizaine d’années le dernier bateau croisière/restaurant qui reste sur le Canal du Midi entre Carcassonne, Agen et Montauban. Amarrée en face de la Gare Matabiau, ce bateau panoramique impressionne par sa longueur et son aménagement. Pierre M., qui s’occupe de la partie commerciale, explique le cadre exceptionnel qu’offre la péniche « nous avons 16000 passagers et 300 croisières par an. Les toulousains et les touristes veulent sortir de leur routine et tenter de nouvelles choses. La péniche qui fait croisière et restaurant, cela attire les piétons. ». Les corps de métier sont presque les mêmes que dans les restaurants classiques : le chef de cuisine, l’équipe de salle, le capitaine et l’agence commerciale. Pierre M. développe : « de plus en plus de clients veulent des produits frais en restaurant. Il est important de faire le mariage entre les produits du terroir et la restauration croisière sur le Canal du Midi ». L’idée est venu du propriétaire Richard Munos, ancien acquéreur de la péniche Le Capitole qu’il a revendu par la suite. Selon Pierre M. : « Il fallait innover pour faire venir du monde ».

Chambres d’hôtes et lieu de vie

La péniche Kapadokia /Crédit: Manon Pitaud

A Mas-Saintes-Puelles, près de Castelnaudary, la péniche Kapadokia fait trentes mètres de long. Stationnée sur le Canal du Midi elle est face à un paysage luxuriant et reposant. Son propriétaire Bary Isaac, étudiant en première année de journalisme à l’ISCPA toulouse, décrit ce lieu de vie insolite: « vivre sur une péniche c’est confortable, on ne sent pas les remous à part quand il y a beaucoup de vent et il y a tout le luxe d’un appartement ». L’écluse de la Méditerranée est un espace touristique pour les randonneurs et les promeneurs du dimanche. Patrick et Mado Isaac, ses parents qui font aussi chambres d’hôtes ont voulu faire découvrir la particularité de leur habitat: « c’est original donc on en fait profiter chacun et les personnes en sont ravis ». Pour Bary, habitué par ce mode de vie, annonce indifférent : « vivre sur une péniche c’est comme vivre dans un appartement sauf que c’est sur l’eau ». Les péniches profitent de leur authenticité pour augmenter le nombre de touristes et s’étendre sur les canaux.

Manon Pitaud