Permettre aux personnes en difficultés sociales et professionnelles un retour durable vers l’emploi, tel est l’objectif de la réinsertion professionnelle. Chaque année, des dizaines de milliers de personnes sont aidées dans cet unique but : préparer à l’emploi avec comme finalité l’insertion sur le marché du travail.

Ces personnes, qu’elles soient en échec scolaire, issues d’un milieu précaire ou carcéral, ou souffrant d’un handicap, sont nombreuses à essayer de s’insérer dans la « vie active ». Moqueries, insultes, mise à part, dépression… la descente aux enfers peut être raide lorsque l’on ne trouve pas d’emploi durable. Pour les y aider, de nombreux organismes existent. Parmi eux les ESAT, les Etablissements et Services d’Aides par le Travail, qui permettent aux personnes en situation de handicap de s’intégrer à la vie sociale et professionnelle. Mais il existe également de nombreuses structures d’insertion pour les personnes sans qualification. Qu’elles soient de renommée mondiale comme le groupe Emmaüs, ou bien locales comme Landes Partage, celles-ci permettent aux personnes sans formation ou issues de classes populaires de s’insérer, ou de se réinsérer, par le biais du travail.

L’Arche en pays toulousain : l’handicap de côté, le travail pour s’insérer

C’est dans le cadre champêtre du domaine de Maniban, à deux pas du centre historique de la commune de Blagnac, au nord ouest de la ville rose, que trouve ses quartiers l’ESAT de l’Arche en pays toulousain. Jouxtant le Château du Général Compans l’ESAT permet, de part sa localisation, une insertion plus aisée des personnes accueillies dans la vie de la commune.
Cinquante personnes en situation de handicap travaillent ici chaque jour de la semaine, dans les cinq domaines que propose l’Arche : la sous-traitance, l’accueil de séminaire, le maraîchage biologique, la vente de légumes et le restaurant.

Dans ce dernier est dressé chaque midi l’équivalent d’une soixantaine de couverts, dont près d’une dizaine est réservé aux personnes étrangères à la communauté, aux clients du restaurant. La pression du service et les clients du restaurant jouent un rôle moteur dans l’insertion des membres à la vie en société. Et tout cela est possible grâce au travail qu’ils fournissent chaque jour.

« L’idée de la communauté est de les faire progresser en interne pour qu’après, selon leurs envies, leurs possibilités et leurs capacités, ils puissent continuer autre part s’ils le souhaitent »

Anne, responsable du restaurant
Une soixantaine de plats sont servis chaque jour au restaurant l’Etoile du Verger /
Crédit : Crabos Raphaël

Chaque jour, une dizaine de personne s’affaire en cuisine pour concocter le repas du midi, le tout dans une bonne ambiance. Un repas et un cadre qui plaisent énormément aux clients du restaurant l’Etoile du Verger, surpris par le professionnalisme des membres de l’ESAT.

Mais ce qui fait la grande force du restaurant, c’est l’origine de ses produits : les fruits et les légumes utilisés en cuisine proviennent des exploitations maisons de la communauté. Le maraîchage biologique de l’Arche occupe 4000 m² sur le site de Maniban, ainsi que deux hectares à quelques kilomètres de là, à la sortie de Blagnac.

La terre encore humide de la rosée du matin, les effluves des légumes de saison en train d’être récoltés… le cadre est idyllique pour les employés de l’Arche qui en ce doux matin d’avril s’activent pour cueillir ce qui sera le repas du midi. Daniel et Pierre s’activent pour récolter les quatre cagettes nécessaires, le tout dans une ambiance et un cadre qui ferait presque oublier le dur labeur du travail.

Outre l’approvisionnement du restaurant, ces légumes sont également vendus sous la forme de panier hebdomadaire à livrer ou à acheter directement dans la boutique du domaine de Maniban.

Les activités proposées par l’Arche permettent aux plus fragiles de travailler dans un milieu protégé et de prendre ou reprendre progressivement leur place dans le milieu du travail. Bien souvent dans les ESAT les travailleurs handicapés n’ont que peu de contact avec le monde extérieur, mais à celui de Blagnac tout a été mis en oeuvre pour que cela soit soit le contraire.

Un tremplin pour l’emploi : Landes Partage

C’est au coeur des Landes, dans la préfecture Mont-de-Marsan, que l’association Landes Partage a vu le jour. Installée depuis 2002 dans ses locaux actuels du quartier du Rond, Landes Partage emploi chaque année une soixantaine de personnes en insertion professionnelle.

En donnant une seconde vie aux objets récupérés, Landes Partage propose à ses employés plusieurs ateliers mixant écologie et social : l’électroménager et le tri du textile, avec la restauration de produits défectueux pour les mettre ensuite en vente dans le magasin, le troisième atelier, le déménagement et le transport social pour les personnes en situation précaire, ainsi que l’entretien et le nettoyage de bureaux, magasins et parkings.

Dotée de deux conseillères en insertion professionnelle, l’association landaise est un tremplin pour l’emploi local : une personne en insertion sur trois obtient un emploi après son passage sur le site, et une sur trois décroche une formation qualifiante. Ces deux conseillères élaborent avec chaque travailleur un projet personnel et professionnel respectant leurs souhaits et aptitudes dans l’optique d’une insertion rapide sur le marché de l’emploi.

Contrairement à l’ESAT de l’Arche en pays toulousain, l’association n’emploie pas de personnes en situation de handicap. Celle si sont en situation précaire et/ou n’ont plus travaillées depuis de nombreux mois, voir plusieurs années. Avec deux ateliers « chantiers d’insertion » et une entreprise d’insertion, l’association vise la réinsertion socio-professionnelle de ses employés.

Carlos s’occupe de la partie électroménager, mais également de la maintenance et de l’entretien des cinq véhicules servant aux déménagements : « c’est important d’être polyvalent, comme ça on a plus de possibilités pour trouver notre futur travail ».

Carlos s’occupe de la réfection de l’électroménager et de l’entretien des véhicules /
Crédit : Crabos Raphaël

L’emploi en fin de passage dans l’association est une chose très importante, et surpasse même les objectifs qui lui sont imposés. Cet objectif tient à coeur au président de Landes Partage, Pierre Delcros :

Nos membres en insertion reste au sein de l’association au minimum un an, voire deux s’ils en ont besoin. L’Etat nous oblige à ce que 60% des personnes quittant l’association trouvent un emploi durable ou obtiennent une formation professionnalisante. Nous en sommes à 84% ! Preuve que le travail est un vecteur important pour l’insertion dans la société !

Pierre Delcros, président de Landes Partage

Exercer un emploi permet d’accéder à une source de revenus et de se conformer à la norme collective de la consommation, mais c’est surtout pour chaque individu, qu’il soit en échec scolaire, issu d’un milieu précaire ou carcéral, ou souffrant d’un handicap, un instrument de reconnaissance statutaire par les autres ! Le travail est un des vecteurs de la sociabilité important qui, grâce à ces ESAT ou associations, permet d’aider ceux qui en ont besoin.

ESAT ou association, pour les deux le travail est un vecteur d’insertion /
Crédit : Crabos Raphaël