Depuis la semaine dernière, Haïti connait des tensions, émaillées de scènes chaotiques en marge des manifestations. On compte au moins six morts depuis le début de la contestation jeudi dernier. Les manifestants réclament la démission du président Jovenel Moïse.

La situation en Haïti se complique jour après jour. Hier, mardi 12 février, 78 détenus de la prison d’Aquin, une petite ville sur la côte sud, se sont évadés, a confirmé le porte-parole de la police nationale d’Haïti. 

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances précises de l’évasion. Selon les témoins, une manifestation contre le président haïtien avait lieu devant le commissariat jouxtant l’établissement pénitentiaire. 

À 200 km plus au nord, le centre-ville de Port-au-Prince a lui été le théâtre d’affrontements entre la police et des centaines de manifestants des quartiers populaires. Un jeune homme a été tué par balle sur un carrefour proche du palais présidentiel. 

Voitures incendiées, quelques magasins pillés : après la dispersion du cortège qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans la capitale mardi, les opposants les plus déterminés ont exprimé avec rage leur frustration contre les inégalités sociales grandissantes, aggravées par la corruption systémique. 

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Des déclarations des membres du PHTK inquiètent : elles menacent de livrer la guerre à la population. Les porte-paroles du Premier ministre et du Président s’affrontent par radios interposées mais aucun des deux hommes politiques n’a déploré les morts au sein de la population. La police réprime violemment dans certains lieux et tire à hauteur d’homme, dans d’autres elle laisse faire.