Urgences surchargées : le personnel tire la sonnette d’alarme

Urgences surchargées : le personnel tire la sonnette d’alarme

La semaine dernière, le personnel soignant de l'hôpital des enfants de Toulouse s'était rassemblé pour protester contre le manque de moyens. / Crédits : T.A
La semaine dernière, le personnel soignant de l'hôpital des enfants de Toulouse s'était rassemblé pour protester contre le manque de moyens. / Crédits : T.A

Les appels au secours ont augmenté de vingt pour-cent entre janvier 2018 et janvier 2019. Un constat qui demande aux urgentistes de « tirer encore un peu plus sur la corde » : la situation se complique pour les professionnels de la santé.

« Invivable », « toujours plus », voici quelques unes des déclarations qu’il n’est pas rare d’entendre aux abords de l’hôpital Purpan lorsque l’on évoque le rythme de travail. Les urgentistes font face à une abondance de malades ou blessés, plus ou moins graves. La consultation aux urgences devient la facilité lorsque le médecin traitant n’a plus de place dans son planning. Résultat ? L’attente devient de plus en plus longue, les patients s’agacent et les prendre en charge en fonction de la gravité de leur situation devient un vrai « casse-tête ». Laurent Gout, médecin au SAMU, déclarait sur son compte twitter n’avoir « jamais vu autant de collègues quitter leur poste découragés, épuisés. » Un situation que vivent beaucoup d’autres médecins « on se retrouve à devoir faire le tampon entre la souffrance des gens et la direction qui veut qu’on fasse plus avec moins de moyens. »

« Maintenant on fait en sorte d’éviter les hôpitaux » 

 Pour contourner cette surpopulation, certains patients n’hésitent pas à avoir recours à des hôpitaux privés, c’est le cas de Cédric, rencontré devant la clinique Ambroise Paré : « C’est pas possible, si on n’est pas entre la vie et la mort on attend 12 heures. » Ainsi, il se fait désormais soigner lui et ses enfants à Ambroise Paré en cas d’urgence. « La prise en charge est plus personnalisée,  cela ressemble moins à une usine », ajoute-t’il. L’usine, c’est aussi l’image qu’ont certains des médecins « Ils font tourner l’hôpital comme une entreprise privée, ça n’est pas possible de faire du chiffre sur de l’humain. » Mais cette situation n’est pas unique en France, ce mercredi, plusieurs personnels hospitalier de Saint-Malo ont manifesté pour dénoncer leurs conditions de travail. À Toulouse, le syndicat du service hospitalier a refusé de répondre à nos questions, impossible de savoir donc, si une opération similaire sera menée dans les prochains jours. Toujours étant que les médecins appellent à davantage de précautions avant de se déplacer aux urgences, pour ainsi éviter qu’un médecin ou un lit soit monopolisé pour une situation pas nécessairement urgente.

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