Sept communes du nord-ouest de Toulouse disent stop. Les villes de Blagnac, Cornebarrieu, Aussonne, Beauzelle, Gagnac, Mondonville et Seilh ont lancé une pétition pour limiter les bouchons aux heures de pointe. Les maires proposent aux collectivités une série de mesures, visant à améliorer les infrastructures routières, les transports en communs et les voies cyclistes et piétonnières. La pétition, lancée fin janvier, flirte aujourd’hui avec les 5000 signatures. Entretien avec Joseph Carles, maire de Blagnac et principal acteur de cette démarche.

Le 24 heures : D’où est née l’idée de la pétition et de ce regroupement de communes ?

Joseph Carles : Tous les maires du secteur nord-ouest de l’agglomération sont interpellés par leurs habitants et les salariés sur les nombreux bouchons du secteur, et ce depuis un moment. En trois ans, les embouteillages ont augmenté de 15 minutes, le mécontentement est général sur les routes.
En mairie, nous avons aussi été alertés par les grandes entreprises comme Airbus, ATR, leurs salariés faisant face à des trajets compliqués.

On ne peut pas créer de la fluidification sur les routes comme ça, mais au travers de nos propositions, il y a des choses qui peuvent être faites dans le court et moyen terme. Il y a déjà des progrès notables et moins de bouchons depuis la prolongation de la D902 (NDLR : la voie rapide a été prolongée après la sortie Aéroconstellation jusqu’aux abords de Seilh et Aussonne en 2018).

Justement, parmi les propositions d’aménagements routiers, et des prolongements des voies piétonnières et cyclistes, quels sont les projets prioritaires ?

Il faut impérativement sécuriser davantage les pistes cyclables, où certaines se terminent dans des zones à risque, comme le rond-point Maga, celui du Grand Noble… Les gens qui font l’effort de prendre le vélo pour se déplacer se mettent parfois en danger, il faut régler ça. Une meilleure connexion des communes de Cornebarrieu et Colomiers est essentielle, on travaille aussi sur plus de fluidité en sortie du centre commercial Leclerc, et de ses deux ronds points.

Nous demandons aussi une brigade de police autoroutière, qui permettra de dégager les axes plus rapidement en cas d’accidents. D’ici là, on met autour de la table les techniciens de la Métropole, des municipalités, les riverains, pour trouver des solutions rapidement réalisables. 

L’aéroport Toulouse-Blagnac concentre une grosse part d’activité du nord-ouest toulousain. Le tracé de la troisième ligne de métro n’y prévoit pas de desserte directe. Où en est le dossier ?

Au niveau municipal, nous voulons organiser des ateliers de réflexions pour savoir ce que pensent les salariés et les riverains de Blagnac du tracé de cette 3ème ligne, qui est arrêté. Le contenu sera remonté à Tisséo ensuite. Sincèrement, il y a peu de chance que l’on change le tracé, mais le but serait au moins de pouvoir multiplier les navettes tram en direction de l’aéroport.

En clair, quelles peuvent être les conséquences si les collectivités ne réagissent pas rapidement ?

Tout simplement, la perte d’attractivité de notre territoire. Ça pourrait être dramatique si des entreprises s’en vont parce que la zone est bouchée. Elles n’hésitent plus aujourd’hui à délocaliser. Il faut qu’on soit attentif à cela, éviter de briser notre dynamique positive, qui économiquement est très bonne sur le secteur. Il faut donc agir dans l’urgence, et la Métropole en a pris conscience.

Propos recueillis par Simon Aiguedieu