Depuis l’affaire Weinstein survenue fin 2017, puis les mouvements #MeToo et Balance Ton Porc qui en ont découlé, la parole des femmes semble s’être largement libérée en France et ailleurs. Conséquence : le nombre de plaintes pour agressions sexuelles et viol a augmenté significativement en 2018. Explications. 

En 2018, le sexisme et la place des femmes dans la société sont un sujet central, bien plus qu’auparavant, et les chiffres s’en ressentent. Le nombre de plaintes pour agressions sexuelles et viols, enregitrées par les forces de l’ordre a montré une « forte hausse » l’année dernière.

Ces données, publiées jeudi 31 janvier par le ministère de l’Intérieur et rapportée par le SSMSI (service statistique ministériel de la sécurité intérieure) dans un bilan annuel, révèlent que les dépôts de plainte pour agressions sexuelles ont bondi de 20%, contre 17% pour les viols.  

Un portail de signalement des violences sexuelles et sexistes mis en place

Pour justifier une telle augmentation, le service du ministère de l’Intérieur met notamment en avant dans son rapport le « contexte de libération de la parole et de prise de conscience collective des violences faites aux femmes né de l’affaire Weinstein qui a éclaté en octobre 2017 et du mouvement #MeToo qui s’en est suivi », avant de préciser : « La hausse des signalements des victimes de violences sexuelles dans les services de police et de gendarmerie devrait se poursuivre à partir de décembre 2018 avec la mise en place par le Ministère de l’Intérieur du portail de signalement des violences sexuelles et sexistes le 27 novembre 2018 ».

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Plus de plaintes, mais moins de condamnation

Alors que d’aucuns se « réjouissent » de voir qu’une partie des femmes agressées ou violées, osent de plus en plus pousser la porte du commissariat ; d’autres s’insurgent de voir le nombre de condamnations diminuer. C’est le cas de Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol, qui s’est exprimée hier en réaction à la publication de ce bilan annuel.

« Les chiffres publiés montrent une baisse de 40% des condamnations pour viol entre 2009 et 2016. Alors qu’on a une augmentation des plaintes, on a une diminution des condamnations, donc il y a quelque chose qui ne va pas », a-t-elle indiqué. »

« On espère que la parole des femmes et leurs plaintes seront entendues. Il y a eu une plateforme, mais je crois quand même qu’avec cette période d’hyperactivité policière avec le terrorisme, c’est clair que le viol n’est pas dans les priorités. »

Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol