Comme tous les ans et pendant un mois, le mercato hivernal a permis aux clubs d’acheter, de vendre ou encore de prêter des joueurs. Néanmoins, cette fenêtre de transfert est loin de faire l’unanimité dans le monde du football. De là à le voir disparaître dans le futur ?

Arsène Wenger en avait fait l’un de ses chevaux de bataille. L’ancien entraîneur d’Arsenal souhaitait, lorsqu’il était en poste, absolument la suppression du mercato hivernal. Un marché des transferts où les bonnes affaires ne sont pas légion. En effet, six mois après le début de la saison, les formations prospectent, recherchent et espèrent la perle rare. Une période d’ajustement pour des clubs dans le besoin immédiat, que ce soit pour se renforcer dans la course au maintien ou bien remplacer un blessé de longue date. 


Nous nous plaignons tous que ça devienne un business mais nous pouvons agir

Arsène Wenger, Septembre 2017

Ainsi, ce postulat amène son lot d’interrogations dans une époque où les sommes investies croissent de manière exponentielle. Un joueur changeant d’équipe en plein milieu de saison sera-t-il efficace dès ses débuts ? Un transfert avorté peut-il gâcher la fin de championnat d’une équipe ? Un joueur ne jouant pas est-il vraiment concentré sur son équipe ou pense-t-il seulement à son avenir personnel ? Cependant, malgré tous ces doutes qui persistent autour du mercato hivernal, les clubs continuent d’acheter à grands coups de millions. Si cet épisode 2019 fut plus calme, la Premier League avait dépensé près de 490 millions d’euros à elle seule durant le mois de janvier 2018. Des transactions qui rappellent que le football, au-delà d’être un jeu, demeure l’un des plus gros business au monde.

56 % des Français pour une suppression du mercato hivernal

L’idée de clore définitivement le mercato hivernal n’est pas nouvelle. Depuis de longues années, cette idée avait germé dans la tête de nombreux acteurs. Néanmoins, la fermeture de cette période des transferts semble très complexe, comme nous le confirme Marvin, conseiller de joueurs. «C’est trop compliqué. Chaque pays à son mode de fonctionnement. Déjà, il faudrait uniformiser les dates de clôture, qui sont différentes selon les championnats. Des alternatives sont possibles.» 

Compréhensible. Mais pour les Français, le mercato hivernal n’est pas indispensable. Pour preuve, selon un sondage RTL, 56 % seraient pour une suppression de ce marché. Un allégement qui pourrait alors permettre de replacer le football au centre des débats, dans une période de l’année où les matchs s’enchaînent. Cependant, le concept même de ce mercato est bon. «Le procédé en soi est intéressant. Ça permet de réaliser un demi-bilan à la moitié de l’année, à l’image d’une entreprise. L’erreur des clubs, c’est dans le travail préparatoire. Ils n’agissent que dans les derniers jours, alors que la fenêtre dure un mois. »

Il est donc peu probable d’imaginer la fermeture pure et dure du mercato hivernal dans l’immédiat et le contexte actuel. Un consensus de clubs, d’entraîneurs et de présidents pourrait permettre de l’ajuster dans un premier temps. L’explosion de la bulle spéculative pourrait également précipiter la chute du mercato. Pour le plus grand bonheur d’Arsène Wenger.