Plus de deux siècles après la mort de Louis XVI, ils étaient une centaine à se rassembler lundi soir pour commémorer la perte de celui que beaucoup considèrent encore comme un “roi martyr”.

Un véritable devoir de mémoire

“Ce n’est pas un rendez-vous mondain.” Le père, au début de son sermon, annonce la couleur : “il ne s’agit pas de se retrouver entre gens biens qui pensent la même chose”.
Ici, les fidèles vous le diront eux-mêmes : il s’agit de rendre hommage à un homme mort pour le peuple. La centaine de catholiques et de royalistes présents étaient ainsi réunis pour commémorer “l’assassinat” du dernier roi de l’Ancien Régime.

Là, pendant plus d’une heure, dans l’église Notre Dame de Férétra à Empalot, tous ont communié, chanté et prié au nom du monarque Bourbon.

“C’est un devoir de mémoire. La France ne s’est pas créée à la Révolution. Louis XVI comme tous les autres monarques avant lui, ça représente 1200 ans d’histoire française et de construction identitaire.” explique Armand, un jeune homme de 19 ans.
Comme lui, ils étaient plus d’une dizaine de jeunes à avoir rejoint leurs aînés à l’occasion de cette cérémonie, tous visiblement très attachés aux valeurs symbolisées par le Roi. Mais plus que l’homme, c’est le principe même de la monarchie que les fidèles tiennent à défendre.

Le roi est mort, vive le trône

“Nous venons célébrer le principe du Roi, pas la personne.” explique Enzo, responsable royaliste du groupe Action Française : “C’était le dernier roi de France qu’on ait eu, et ça a été un profond traumatisme politique pour le pays. On avait une figure qui n’était alors jamais remise en question en tant que Roi, et qui pouvait de fait être l’arbitre impartial concernant les questions de pouvoir.”

Pour les royalistes, la mort du roi, au-delà de la perte d’une icône, c’est aussi la disparition d’une institution :

“On a perdu aussi la continuité et la stabilité, puisqu’à l’époque le responsable politique ne pensait pas seulement qu’à son mandat de cinq ans mais voyait réellement sur le long terme, pensait à l’intérêt de ses enfants et donc par extension à celui du peuple français. La monarchie est légitime parce que c’est un régime politique qui a su s’adapter au fil de l’Histoire, alors que les républiques, elles, se sont succédées quand elles devenaient trop bancales ou corrompues.”

Plus de 3000 sympathisants en France

Action Française (AF), seul courant royaliste politisé de France, regroupe  “quelques 3000 membres” explique Enzo. Derrière ce chiffre, des citoyens de tous bords qui expliquent “ne plus accorder sa confiance envers les institutions chargées de gouverner”, comme l’ont déclaré plusieurs sympathisants du mouvement lundi dernier. En plus de militer pour le retour du roi, plusieurs des membres d’AF se sont fait connaître ces dernières années pour avoir notamment participé à la Manif pour Tous.

Selon un sondage BVA pour France-Soir publié à l’occasion de la présidentielle 2007, 3% de Français se disaient « tout à fait favorables » à un roi en France et 14% « plutôt favorables ». 20% de l’échantillon d’électeurs interrogés affirmaient enfin être susceptibles de voter pour un candidat royaliste au premier tour de la présidentielle de 2007.