Ce samedi 12 janvier aura lieu la 3ème édition de « La Ville rose chante pour Haïti » au Zénith de Toulouse. Un événement orchestré par DeeDee Daniel, professeure de chant haïtienne à l’école Gospel Walk. L’objectif est simple : faire rayonner Haïti grâce au gospel, devenu aujourd’hui partie intégrante de la vie de cette artiste.  

Toulouse chante pour Haïti. Plus de 5 000 spectateurs sont attendus ce week-end pour mettre le gospel à l’honneur. 300 artistes réunis sur scène, c’est le défi que s’est lancé DeeDee Daniel, en charge de la direction artistique du show. Une soirée qui lui tient particulièrement à cœur d’autant plus que la chanteuse est d’origine haïtienne. Et c’est bien à plus de 7 000km de la Ville rose que tout a commencé pour DeeDee Daniel. C’est sur cette île des Caraïbes qu’est née et a grandi l’artiste. Une enfance difficile, mais qu’elle aborde sans aucune crainte : « J’ai grandi en foyer à Haïti jusqu’à l’âge de 6 ans avec mon frère. Je n’ai pas de mère ni de père. J’ai été abandonnée dès l’enfance, j’ai dû me débrouiller toute seule depuis toute petite. » Une histoire humaine très forte qui a forgé la personne qu’elle est aujourd’hui. « J’ai été adoptée en 1983 à l’âge de 6 ans par une famille française qui habitait Nantes. Cette expérience marque forcément le cœur, la psychologie et toute une enfance tout simplement. »

Le gospel comme moyen d’expression

C’est très tôt que le gospel est apparu dans la vie de DeeDee Daniel. « J’ai toujours chanté, ça a toujours été mon refuge. Le gospel m’a toujours interpellé. C’est un cri de révolte, des cris d’hommes et de femmes qui sont nés dans des conditions douloureuses. Mais justement malgré toute cette souffrance, ils ont pu trouver un moyen de sauvetage. Et puis, de fil en aiguille, j’ai eu la chance en grandissant d’avoir rencontré de grands artistes sur la scène aussi nationale qu’internationale. » DeeDee Daniel retourne le plus souvent possible sur sa terre natale pour ne pas oublier d’où elle vient. 

« C’est essentiel de retourner sur les traces de son passé, sur ses terres. Quand on a été abandonné, quand on vit des histoires comme ça qui nous marquent, ça nous permet de panser nos blessures. Ça m’a également permis de m’imprégner de ma culture et de me confronter aux difficultés du pays. Grâce à ces voyages, j’ai pu guérir avec le temps».

Le gospel prend une part importante dans sa vie. Aujourd’hui elle a fait de sa passion, son métier. « J’ai eu envie de me poser en 2010, l’année où j’ai crée l’école Gospel Walk. L’école a ouverte, nous étions 10, aujourd’hui nous sommes plus de 150. Après le tremblement de terre survenu en 2010 à Haïti, j’ai voulu aider comme je pouvais. Je sais chanter donc j’ai tout naturellement choisi le chant pour soutenir mon pays. L’évènement a pris de l’ampleur au fil des années. Aujourd’hui, je veux encore aller plus loin, c’est pour ça que je me suis lancé ce défi de remplir un Zénith ». 

Le défi de l’année

Un objectif : réunir 300 artistes le temps d’une soirée. Des artistes qui viennent de tous les coins de la planète. Un mélange de différentes cultures, « un métissage qui, pour moi, représente bien la France d’aujourd’hui », souligne DeeDee Daniel. Sur scène, on pourra retrouver 150 choristes de l’école Gospel Walk mais aussi deux chorales, 23 musiciens dont l’orchestre de chambre de Toulouse, les champions du monde de beat-box Berywam, et de nombreux autres artistes. 

Séance de répétition des élèves de Gospel Walk / GW

C’est un projet qui lui tient à cœur et ça, ses proches l’ont bien compris. Pour Julien Bodart, participant et régisseur de l’événement, c’est un projet ambitieux qui s’est monté dans une ambiance chaleureuse et familiale. «DeeDee est une personne généreuse avec beaucoup de talents et d’envie de partager. Je suis conquis par son projet, j’ai même quitté mon travail pour venir rejoindre l’équipe. Quand on écoute le gospel de DeeDee on ne peut qu’être conquis. C’est une organisation fluide, c’est quand même beaucoup de travail mais elle sait où elle veut aller et elle ne lâche rien. C’est la même personne au niveau personnel que professionnel, c’est ce qui fait sa force. C’est quelqu’un d’authentique ». Et à leur grande surprise, les Toulousains se sont mobilisés pour cet événement. Pour le moment un peu plus de 4 500 places ont été vendus.

Des places sont encore disponibles pour les intéressés. Pour rappel, le concert aura lieu samedi 12 janvier à partir de 20h30 au Zénith. Les fonds récoltés seront distribués à des connaissances qui vivent à Haïti et qui mènent des actions depuis plus de 30 ans. Ils ciblent les besoins et assurent un suivi. Ces fonds permettront d’héberger, de scolariser et d’assurer le transport de jeunes enfants. La construction d’un centre de formation est aussi en projet. Une autre partie des bénéfices sera reversée à l’association « Haïti centre de vie action et solidarité ».