Ce mardi 8 janvier, le Tribunal de Grande Instance de Toulouse a connu une après-midi chargée, entre les comparutions immédiates des gilets jaunes et le procès du gendarme ayant blessé une militante écologique, avec une grenade de désencerclement, sur le barrage de Sivens en 2014.

Il y avait du monde en ce début d’après midi devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse. Une dizaine de policiers était les premiers arrivés, casqués et protégés par leur bouclier de maintien de l’ordre. A première vue, l’on pourrait penser qu’une manifestation se prépare. Seulement quelques minutes après l’arrivée des policiers, un groupe de cinq hommes se poste devant les marches du tribunal. Même s’ils ne portent pas leur traditionnel gilet jaune, suite à une demande des autorités, ils sont là en soutien à leurs collègues jugés en comparution immédiate après les incidents survenus ce week-end dans les rues de Toulouse.

Un filtrage à l’entrée du tribunal

« On vient de manière pacifique, on ne pourra pas prendre la parole, mais on écoutera ce qui sera dit, explique Christian, gilet jaune depuis le début du mouvement. On espère que les forces de l’ordre nous laisseront rentrer. » A procès exceptionnel, mesure exceptionnelle. La dizaine de policiers est postée derrière les grilles du tribunal, ils sont là pour filtrer les entrées. L’annonce tant redoutée est confirmée quelques minutes plus tard lorsqu’un policier explique « Il n’y a plus de places pour la salle 5« , dans l’espoir de disperser les badauds.
« C’est pas bien de filtrer comme ça« , s’insurge un gilet jaune.
Mais cette après-midi, le tribunal a dû faire face à une affluence inhabituelle, qui n’est pas liée aux gilets jaunes.

Deux rassemblements contre les violences policières

Le procès du gendarme ayant blessé une jeune manifestante à Sivens en 2014, était très attendu. Le président a donc décidé de limiter l’accès à la salle d’audience. Mais malgré la frustration, il n’y a pas eu de débordements.
Plusieurs personnes étaient venues soutenir la militante blessée à la main par une grenade de désencerclement. « On espère que le gendarme sera jugé normalement« , explique Evelyne*. Elle ne la connait pas personnellement, mais elle était présente sur le barrage de Sivens, et dit avoir été, elle aussi, victime de violences policières.
Et au fil des conversations, les deux camps se rendent compte qu’ils sont là pour la même cause, militer contre les violences policières.
« J’ai été victime il y a quinze jours de violences policières, raconte Christian. Les policiers m’ont frappé derrière le genou et devant. Au final j’ai eu 10 jours d’ITT, et le traumatologue ne sait pas si la rotule se remettra d’elle-même.

A l’intérieur du tribunal, le procès du gendarme a pu débuter normalement. Vers 21 heures, la décision a été rendue. Le gendarme est condamné à 6 mois de prison avec sursis, 6 mois de suspension de port d’armes ainsi qu’à verser 1.000 euros à la victime au titre des frais de justice engagés.

*Les prénoms ont été changés