Le cimetière de Terre Cabade, installé proche de la gare Marengo SCNF impose par sa taille. En effet, ce cimetière est le plus grand de Toulouse. Il a notamment subi de nombreux agrandissements. L’extension la plus notable est celle du cimetière de Salonique qui, accolé à lui, lui donne une taille de 33 hectares. Le cimetière ouvrit ses portes en 1840 après 8 ans de travail de la part de l’architecte Urbain Vitry.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Cette grandeur est notamment illustrée par la présence de deux obélisques immenses à l’entrée principale. Cette même entrée est suivie de deux pavillons symétriques accompagnés de colonnes. Ces éléments nous faisant alors voyager en Égypte. Le cimetière de la Terre Cabade est divisé en 6 sections bien distinctes et celui de la Salonique en deux sections. Une autre section, toute nouvelle, l’Heredia, s’y ajoute.

Pour le cimetière de Terre Cabade, toutes les sections sont subdivisées, formant ainsi un labyrinthe de formes géométriques, allant d’un quadrillage simpliste, des cercles voire même une sorte de fleur visible depuis le ciel. Tandis que pour le Salonique, il semble avoir été formé pour que tous les chemins mêmes au même point, le monument aux morts. Dans ce monument on y trouve une crypte des Poilus, les noms de soldats tombés, majoritairement lors de la guerre 14-18, mais aussi 39-45. Mais l’on y retrouve aussi le nom de musulmans et d’Indochinois qui se sont battus pour la France.

Une ambiance entre la vie et la mort

Une des particularités de ce cimetière est la présence d’un cimetière d’ecclésiastiques. Il est séparé, symboliquement, de celui laïque par une porte et des barrières. Ainsi les Hommes de foi peuvent reposer en paix, en espérant leurs saluts. L’ambiance du cimetière était étouffante. Un silence pesant était présent dans ses longues allées. Les veuves et âmes esseulées viennent partager leurs chagrins avec les pierres froides, métaphores de leurs défunts proches. Les fleurs présentes sur les tombes apportent un peu de gaieté et de réconfort dans cette ambiance morose.

Mais cette ambiance devint paradoxale quand, dans une partie du cimetière l’on peut entendre les rires des enfants de l’école d’à côté. Ainsi se crée une dualité entre la vie et la mort, tout en rappelant ainsi que la mort n’est qu’une étape de la vie. Tout comme le disait le philosophe Heidegger, nous sommes des « Êtres-pour-la-mort ». Quelle que soit notre classe sociale, notre religion, nous sommes voués à mourir.

La fortune des défunts

Et les pompes funèbres, se dressant tout autour du cimetière, l’ont bien compris. Ils attendent tels des vautours, de futurs décès, qui pourraient devenir clients malgré eux. Les disparités sociales qui existent chez l’homme, de son vivant, se retrouvent même après sa mort. Quand certains sont capables de posséder des caveaux familiaux et cela depuis de longues dates, pour certains leurs sépultures tombent en lambeau, pour finir en oubli. Une de ses riches familles, la famille Ducis, possède un de ces caveaux devant une des entrées du cimetière.

Celui-là, d’une taille imposante est fait en pierre noire et aborde des écritures dorées, possède une citation aux aires bibliques : « Que tu sois gai, que tu sois triste, que tu sois pauvre, que tu sois riche, quelle que soit ta religion, tu m’appartiens, je t’attends donc. ». Ce texte fait ici référence à Dieu, mais on peut aussi y lire un autre message, comme quoi qu’importe notre vie, notre richesse, l’on n’échappe pas à la mort et elle nous attend toujours.

Ce lieu peut paraître classique dans une première approche. Des pierres tombales et des croix dans tous les sens, il pourrait ressembler à n’importe quel autre cimetière. Mais quand l’on s’y promène, on y découvre des choses uniques, une certaine cohabitation de religions, la mémoire de combattants maintenant oubliés, une opposition entre la vie et la mort ainsi que les contrastes sociaux qui dirigent toute notre vie, jusqu’à notre mort.