L’association WWF alerte sur les dangers environnementaux des biocarburants. Dans un rapport sur le rôle de la France dans la déforestation, rendu public le 9 novembre 2018, l’association met notamment en cause l’exploitation de l’huile de palme, nécessaire aux industriels pour créer ce carburant végétal.

Le biocarburant n’est pas aussi sain qu’on ne le pense. Dans un rapport rendu public sur le rôle de la France dans la déforestation, l’association WWF pointe du doigt les biocarburants de première génération soit tous les carburants produits à partir de végétaux alimentaires.

Devant la croissance massive de la demande de matière premières végétales, les exploitants sont obligés d’étendre leurs surfaces de récolte. Pour se créer de l’espace ils ont notamment recours à la déforestation. Ce processus appelé effet CASI est au cœur des préoccupations de l’association. Elle préconise dans son rapport l’interdiction des biocarburants de première génération, nécessitant l’utilisation de matières premières sensibles pour leur création.

L’organisme critique notamment l’utilisation de l’huile de palme, matière première indispensable à l’élaboration de ces carburants et responsable de la déforestation massive notamment en Indonésie. Sur les 970 000 tonnes d’huile de palme importées par an, 84% sont issues de surfaces à risque d’après le rapport. Cette exploitation entraîne notamment l’extinction de certaines espèces comme les Orang-Outans

Vers une limitation compliquée

Ce n’est pas la première fois que l’effet CASI de ces agro-carburants est décrié. Déjà lors du projet de loi de Finance 2019, le gouvernement français n’a pas retenu une proposition visant à supprimer la niche fiscale accordée à l’huile de palme.

Côté entreprises, Total développe depuis quelques années des biocarburants de deuxième génération, considérés comme ayant moins d’effet indirect sur l’environnement. Cela ne les empêches pas de prévoir l’ouverture de la bioraffinerie de la Mède. Elle a pour projet de créer 500 000 tonnes de diesel par an à partir d’huile de palme et de sous-produits du palmier à huile.

L’Union européenne s’est également emparée de la question. Par la directive 2015/1513 du Parlement européen et du Conseil, Strasbourg définit les biocarburants comme « l’une des méthodes à la disposition des États membres ». A terme, l’objectif est de monter à 10% la part d’utilisation des énergies renouvelables dans le secteur des transports. Ces carburants alternatifs ont donc une importance toute particulière pour l’UE, son utilisation est vivement encouragée.

En 2010, la consommation d’huile de palme destinée aux biocarburants représentait 8% de l’utilisation totale de la matière première. En 2014, les proportions sont montées à 45% pour les biocarburants. WWF rappelle dans le rapport que c’est près de 410 000 hectares qui sont consacrés à l’exploitation d’huile de palme à destination de la France. Cette valeur représente un tiers de la taille de l’Ile de France.

Diagramme représentant les secteurs de consommation d’huile de palme en Europe.

MAHROUGA Axel