Suite aux accusations de viol à l’égard de l’islamologue suisse, Tariq Ramadan, a vu sa garde à vue se prolonger, mercredi matin. Il s’était rendu de son propre chef dans les locaux de la police judiciaire de Paris, pour être interroger. Des accusations auxquelles il fait face depuis quelques mois.

Un double chef d’accusation

En octobre dernier, deux femmes de confession musulmane sont venues déposer une plainte à l’encontre du théoricien, pour viol. Des faits qui se seraient déroulés en 2009 et 2012, dans des hôtels de Paris et Lyon.

La première victime est une femme d’une quarantaine d’année, portant un handicap aux jambes, dont les faits se seraient déroulés en 2009 dans un Hôtel lyonnais. La victime supposée a souhaité garder son anonymat dans cette bataille médiatique, afin d’éviter de possibles retombées de la part des soutiens de Tariq Ramadan. Elle a fourni, pour soutenir ses propos, plusieurs certificats médicaux attestant de coups physiques.

La seconde victime, Henda Ayari, est une femme de quarante ans également. Elle dénonce des faits ayant eu lieu en 2012, dans l’Hôtel parisien, Hollyday Inn. A la différence de la première victime, celle-ci a décidé de témoigner a visage découvert, et ainsi faire face en personne au conflit actuel.

Dans un entretien télévisé, Henda Ayari déclarait : « Pour Tariq, soit vous êtes voilée, soit vous être voilées ».

En plus de ce double chef d’accusation, un élément vient affaiblir la défense du théoricien. Les deux victimes décrivent un modus operandi similaire, où tout démarre par des échanges religieux sur les réseaux sociaux. La conversation aurait apparemment dérivé vers des propos d’ordre sexuel, avant de se donner rendez-vous dans un hôtel. Elles décrivent toutes les deux une scène d’une grande violence à leur égard.

Les enquêteurs en charge de l’affaire se sont rendus dans les deux hôtels, afin d’en savoir plus. Et de nombreux internautes, ayant eu des contacts avec Tariq Ramadan, sont en lien avec la police.

Une défense discrète

Jusqu’ici, le théologien ne s’est exprimé que deux fois sur l’affaire, et dément totalement les accusations dont il fait l’objet. Notamment pour donner des éléments discréditant le discours des victimes. Il pointe du doigt plusieurs incohérences dans les déclarations, et vient apporter une capture d’écran qui soulève de nombreuses questions.
On y voit un échange sur Facebook, entre l’islamologue et une certaine Henda Ayari, deux ans après les faits qui lui sont reprochés. Celle-ci lui ferait des avances, auquelles il ne donnerait aucune réponse.

Comme toujours, la toile s’est emparée de l’affaire, et a provoqué de vifs débats entre les soutiens et les détracteurs de Tariq Ramadan. Sans pour autant faire avancer l’affaire.

Selon une source proche du dossier, une confrontation entre Tariq Ramadan et au moins l’une des victimes présumées pourrait avoir lieu dans la journée. Une demande a en tous cas été faite…