« Pénélope Gate » : un an après, rappel des faits et le point sur les enquêtes

« Pénélope Gate » : un an après, rappel des faits et le point sur les enquêtes

Droit comme un I, François Fillon en meeting à Toulouse / CP : Léo Rebeyrol
Droit comme un I, François Fillon en meeting à Toulouse / CP : Léo Rebeyrol

Un retentissement international. Une candidature à la dernière élection présidentielle fortement compromise. Un an après, retour sur le « Penelope Gate », une affaire qui n’est certainement pas passée inaperçue. 

 

Souvenez-vous ! C’était il y a un an, le 24 janvier 2017, la campagne présidentielle basculait. Le Canard Enchaîné sortait l’affaire du « Pénélope Gate ». Début d’une longue liste de révélations en cascade contre l’ex-candidat des Républicains. Petit rappel des faits avant de faire un point sur l’enquête.

Fin janvier : les premières révélations

 

Après la sortie des premières révélations sur l’emploi fictif présumé de Pénélope Fillon, les commentateurs politiques commencent à relayer l’information. Une semaine plus tard, l’hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné dévoile que l’épouse de l’ancien Premier ministre aurait perçu, au total, plus de 900 000 euros comme assistante parlementaire et à la Revue des Deux Mondes. Ses enfants, quant à eux, auraient perçu 84 000 euros en tant qu’assistants parlementaires fictifs. François Fillon dénonce alors « une entreprise de calomnie très professionnelle ».

Février : conférence de presse et premières auditions

 

Le 6 février, l’équipe de François Fillon organise une grande conférence de presse où le candidat présente ses « excuses aux Français ». Il y réfute toute illégalité des faits qui lui sont reprochés et qualifie de « boules puantes » toutes les accusations.
Quatre jours plus tard, Marie et Charles Fillon, enfants du candidat républicain, sont entendus par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.
Le 16 janvier, le parquet national financier écarte le classement sans suite au vu des éléments collectés depuis le début de l’affaire. Il faut attendre le 24 février pour que le PNF ouvre une information judiciaire. L’enquête est alors confiée à trois juges d’instruction.

Mars : défections en cascades et mise en examen

 

Durant le mois de mars de nombreuses personnalités de la droite telles que Bruno Le Maire, Georges Fenech, Benoist Apparu ou encore le trésorier de la campagne Gilles Boyer se désolidarisent de la candidature du vainqueur de la primaire de la droite. Les juppéistes rêvent alors de voir leur champion revenir. Pourtant,  Fillon l’affirme : « Je ne me retirerai pas, je ne céderai pas » car selon lui « la base, elle, tient ».
Alors que la campagne semble se relancer – après un meeting réussi au Trocadéro – de nouvelles révélations, du Journal du Dimanche cette fois, relancent l’affaire Fillon. Le candidat est accusé d’avoir reçu 45 000 euros de costumes, dont une partie payée en espèces.
Finalement, le 14 mars, François Fillon est officiellement mis en examen pour « détournement de fonds public », « complicité et recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d’abus de bien sociaux », et « manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». Quelques jours après, cette enquête est élargie à deux chefs d’accusation supplémentaires : « escroquerie aggravée » et « faux et usage de faux ».

 

Le point sur l’enquête

Depuis sa défaite au soir du premier tour, François Fillon s’est retiré de la vie politique. Depuis le 1er septembre 2017, il est revenu dans le privé en tant qu’associé chez Tikehau Capital, gestionnaire d’actifs. Mais l’enquête qui le concerne, elle, ne s’est pas arrêtée. Depuis le mois de mai 2017, elle s’est poursuivie mais n’avance pas. Selon les informations recueillies par la presse, les investigations devraient se terminer « dans le courant de l’année 2018 ».

Après une deuxième audition en mai, François Fillon a été entendu fin juillet sur les emplois de sa femme et de ses enfants. De nouvelles auditions face aux trois juges d’instruction du parquet financier qui pilotent les investigations, ayant permit de placer l’ex-candidat sous le statut de témoin assisté pour « escroquerie aggravée ».

Désormais, les enquêteurs se focaliseraient non plus sur l’affaire des emploi fictifs mais sur la société « 2F Conseil », fondée par Fillon lui-même en 2012. L’ex-candidat républicain se serait servit de ses activités de conseiller pour dissimuler plusieurs conflits d’intérêts, avec l’assureur AXA ainsi qu’avec son ami Marc Ladreit de Lacharrière . Sur ce dossier, une perquisition s’est déroulée durant l’été au siège d’AXA, au cours de laquelle « un rapport signé par Fillon aurait été remis aux policiers pour attester la réalité de ses prestations » selon les informations du JDD. Marc Ladreit de Lacharrière, lui, a été mis en examen pour abus de biens sociaux.

En avril 2017, François Fillon a déposé plainte contre Le Canard Enchaîné pour propagation de « fausses nouvelles » ayant eu pour effet de « détourner » des suffrages. Une plainte classée sans suite fin novembre dernier selon une source judiciaire.

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